Vincent Peillon : Chasse aux « malfaisants » au PS

de | 2008-09-05

Vincent Peillon : Chasse aux « malfaisants » au PS - image leparisien020908 on http://www.billelouadah.fr    Sans les désigner explicitement, Vincent Peillon a cependant lâché quelques noms de ceux qui, selon lui, « pourrissent la situation » au PS : ci-contre de haut en bas, Claude Bartolone, Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis (LP/Guy Gios – Olivier Corsan)
 
Au PS, on n’est plus très loin des noms d’oiseaux. Après une université d’été ratée ce week-end à La Rochelle, l’heure est aux règlements de comptes. Toute la journée d’hier, en marge des tractations en vue du congrès de Reims (du 14 au 16 novembre), les ténors socialistes se sont rejeté la responsabilité du fiasco.

Non sans arrière-pensées, le député européen Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, s’est ainsi emporté sur RMC contre les « malfaisants » du parti.
La charge est musclée. « Il faut sortir de la direction du PS une dizaine d’individus qui sont éternellement malfaisants, qui ont été de toutes les combines », dénonce Peillon, leur conseillant de « prendre gentiment leur retraite ». « Ça fait vingt-cinq ans qu’ils pourrissent la situation… je pense que l’on peut faire sans eux », fustige-t-il en écho à l’exaspération des militants. Le conseiller de Royal ne détaille pas sa « liste noire ».

Mais il lâche quand même quelques noms en pâture. Claude Bartolone, éternel lieutenant de Laurent Fabius, est «un mécanicien qui devrait prendre un peu de repos» ; quant à l’ancien Premier ministre, il «devrait arrêter de changer d’avis tous les deux ans» et «de fomenter des combinaisons invraisemblables».

Le député strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis n’est pas explicitement cité, mais on le devine aisément. Royal pensait déjà à lui quand, en mai, elle avait affiché sa volonté de sanctionner ceux qui se comportent « mal » en « dénigrant » leur parti. Au lendemain de l’annonce de la candidature de Royal au poste de premier secrétaire, Cambadélis avait parlé de… « pétaudière » !

Affaiblir « les comploteurs des Flots »

Qui sont les autres indisciplinés ? Peillon, qui précise que ses propos « n’engagent pas » l’ex-candidate, fait simplement allusion « à des sbires de courants et des apparatchiks en chef ». Ils seraient « assis au secrétariat national depuis vingt-cinq ans ». Mais aucun des dirigeants potentiellement visés ne siège dans cette instance du parti depuis 1983…
La volonté d’affaiblir le rapprochement entre fabiusiens, certains strauss-kahniens et des amis de Martine Aubry est manifeste. Les responsables du fiasco actuel, ce sont eux, « les comploteurs des Flots », du nom du restaurant où, samedi midi, les convives du déjeuner le plus médiatisé de La Rochelle ont cherché à consolider l’alliance autour de la maire de Lille. « Certains ont eu une attitude qui porte préjudice à l’image globale du parti », s’est aussi emporté hier Stéphane Le Foll, le bras droit de François Hollande. Lâché par son ex-ami strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, Pierre Moscovici, candidat au poste de premier secrétaire, a lui regretté des comportements « inélégants, voire déloyaux » à son égard. Bref, haro sur les reconstructeurs.
Laissant de côté « la débilité des propos et les divagations de Peillon », le fabiusien Bartolone met ces attaques sur la volonté de dénigrer ceux qui « veulent construire une majorité en dépassant les divisions du passé ».
Proche d’Aubry, le député François Lamy minimise : « Un simple dérapage. » Quant à Cambadélis, rendant coup pour coup, il renvoie Peillon à la « psychanalyse ».
   
Source : Le Parisien – Le 02 septembre 2008