UMP : « L’opération portes ouvertes à droite inquiète J-M Bockel et J-C Lagarde »

de | 2009-08-14

UMP :
«Ça risque d'être viril, de tanguer», avertit le président de la Gauche moderne, alliée de l'UMP, après le rapprochement du parti majoritaire avec le MPF de Philippe de Villiers et CPNT de Frédéric Nihous.

Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice et président de la Gauche Moderne, alliée de l’UMP, estime que la majorité risque de «tanguer» après le rapprochement du parti majoritaire avec le MPF de Philippe de Villiers et CPNT de Frédéric Nihous.

«Ça risque d’être viril, de tanguer! Nous aurons forcément de franches discussions», affirme l’ex-socialiste, dans une interview jeudi à La Croix.com.

  «Le choix du président de la République»

Selon lui, «il faudra voir les points de convergence qui se dessinent autour du projet, notamment en vue des prochaines élections régionales. Je ne peux pas imaginer que Philippe de Villiers rejoigne la majorité sur la base de ses anciennes positions».

Cette stratégie, selon lui, «est le choix du président de la République: rassembler le plus largement possible». Elle «peut être intéressante pour le premier tour d’une élection à deux tours», mais «n’a de sens que si nous parvenons à nous retrouver tous autour d’un même projet». «Si ce rassemblement ne vise qu’à s’opposer à la gauche, il n’aura pas la même efficacité».

Le maire de Mulhouse souligne que Nicolas Sarkozy avait «évoqué cette perspective» après les européennes. «Xavier Bertrand nous en a touché un mot fin juillet». «Il nous avait dit, à Eric Besson (ministre de l’Immigration, ex-socialiste) et à moi, que Philippe de Villiers nous contacterait pour nous rencontrer, et discuter. Mais il ne l’a pas fait. Il n’a pas cherché à me voir».

  «Ni anodin, ni facile»

L’ex-PS reconnaît que pour lui, ce rapprochement n’est pas «anodin, ni facile». «Ce sont quand même des personnes qui ont défendu des positions, je pense surtout à Philippe de Villiers, très éloignées de celles que j’ai moi-même prônées ou défendues», notamment les questions de société, ou l’Europe.

Selon lui, il appartient au président du Mouvement pour la France «d’apporter la démonstration qu’il est capable de changer. Il ne doit pas se cantonner à un rejet de la gauche, mais adhérer à un projet. C’est la même chose pour Frédéric Nihous», numéro un de Chasse, pêche, nature, traditions.

Jean-Marie Bockel souligne toutefois n’avoir «jamais assimilé Philippe de Villiers au Front National, ni diabolisé sa personne». «A tout pécheur miséricorde! Tout le monde peut évoluer», tempère-t-il.
  
    «La politique européenne ne peut pas faire partie des détails»

 
Ce vendredi, c'est au tour du député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) de faire part de ses craintes. «Il va falloir qu'il mette de l'eau dans son vin en soutenant la politique du président de la République», met en garde le député.

«Il y a des choses essentielles sur lesquelles on doit être d'accord, sinon je ne vois pas comment on travaille ensemble. La politique européenne ne peut pas faire partie des détails», insiste-t-il. Toutefois, Lagarde semble préférer être au côté de Villiers, plutôt que contre lui: le chef du MPF «vient avec ses bagages et sans ses armes et c'est pas plus mal, car ça fera un peu moins de gens pour raconter n'importe quoi sur l'Europe». Comprendre : de Villiers vient avec ses électeurs mais sans pouvoir imposer ses idées.
  
Source : AFP – Le 14 août 2009