Tricastin: maintien des mesures de précaution une semaine après l’accident

de | 2008-07-17

Tricastin: maintien des mesures de précaution une semaine après l'accident - image tricastinafp on http://www.billelouadah.fr    MARSEILLE (AFP) – Les mesures de précaution prises par les préfectures de la Drôme et du Vaucluse après une fuite accidentelle d’uranium sur le site nucléaire du Tricastin restaient en vigueur mardi après avoir été allégées vendredi, a-t-on appris auprès de la préfecture du Vaucluse.

Huit jours après l’incident, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008, les autorités restent en contact avec l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ainsi que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a-t-on ajouté.

L’ASN a imposé vendredi à la Socatri, filiale d’Areva, responsable de la fuite de 74 kg d’uranium naturel, de suspendre l’activité d’une de ses deux stations de traitement du Tricastin (Vaucluse). L’incident a été classé au niveau 1 ("anomalie") sur l’échelle Ines qui évalue la gravité des événements touchant les installations nucléaires et compte sept niveaux.

Vendredi, les deux préfectures concernées ont annoncé avoir limité le périmètre d’interdiction de l’utilisation d’eau issue de captages privés à une bande de cent mètres de part et d’autre des rivières La Gaffière et Le Lauzon (Vaucluse). Ces cours d’eau desservent les communes vauclusiennes de Bollène, Lapalud, Lamotte-du-Rhône et Mondragon.

Le prélèvement et la distribution d’eau pour l’irrigation ou la consommation sont interdits sur les rivières, ainsi que dans une bande de cent mètres le long des rives. Ces deux mesures étaient précédemment en vigueur sur un territoire plus étendu.

Les restrictions concernant la pêche, la baignade et les activités nautiques demeurent inchangées.

Selon un bilan publié vendredi par l’IRSN, la surveillance devait être poursuivie notamment sur trois points de la nappe phréatique où des valeurs supérieures au bruit de fond habituel ont été relevées, avec "des variations de concentration en uranium (qui) ne peuvent pas être expliquées par le rejet accidentel".

L’IRSN avait déjà signalé en juin dans un rapport la présence de ces traces d’uranium qui peuvent être d’origine naturelle ou bien liées à une pollution historique du site, a expliqué à l’AFP Didier Champion, directeur de l’environnement à l’IRSN.

En outre, pour l’un des trois points étudiés, situé dans le puits d’un particulier, les variations semblent liées à un problème technologique lié à l’installation elle-même, a-t-il ajouté.

L’institut a par ailleurs confirmé une "diminution régulière de la concentration en uranium des eaux en aval de la Socatri" qui atteignent depuis jeudi "une valeur proche de la normale".
 

Source : AFP – Laurence CHABERT – Le 15/07/2008