Sondage CSA-Le Parisien : « 55% des Français favorables au vote des étrangers »

de | 2010-01-15

Sondage CSA-Le Parisien :    Alors que le gouvernement exclut d’accorder aux étrangers non européens le droit de vote aux élections locales, notre sondage révèle que 55 % des Français y sont favorables.

  
Voilà un sondage embarrassant pour le pouvoir. Alors que Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, affirmait hier qu’il n’était « pas question » d’accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales, notre enquête CSA – "Le Parisien" – "Aujourd’hui en France" révèle qu’une nette majorité de Français (55 %) y sont pourtant favorables.
    
Un démenti à Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, qui assurait hier que « les Français ne veulent pas entendre parler » d’une telle avancée !
 
De quoi s’agit-il exactement ? D’une idée déjà ancienne, qui figurait dans les 110 propositions de François Mitterrand et avait été reprise en 2007… par le candidat Nicolas Sarkozy, selon laquelle les étrangers résidant en France, ressortissants de pays non-membres de l’Union européenne (ses membres, eux, bénéficient de ce droit) pourraient voter aux élections municipales, cantonales ou régionales. Mais jusqu’ici, les pouvoirs de gauche comme de droite se sont refusés à passer à l’acte au prétexte que les esprits ne seraient pas « mûrs ».
  
Cette fois, c’est Eric Besson, ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, qui a relancé l’idée dans le cadre de son débat, proposant ce droit de vote, « dans les dix ans à venir », pour les « ressortissants des pays qui furent colonisés par la France ». Martine Aubry a saisi l’occasion de piéger la droite et d’imposer sa marque à gauche en annonçant mardi le dépôt d’une proposition de loi en ce sens par les députés socialistes.

  
Plébiscite à gauche
 
On voit que les sympathisants de gauche sont massivement pour (« plébiscitant au passage une Aubry enfin à l’offensive par rapport à Sarkozy », selon Jean-Daniel Lévy, directeur de CSA-Opinion), tandis que le « peuple de droite » est farouchement hostile (69% contre). Ce sondage prouve aussi que ni la crise économique ni les polémiques sur les minarets ou la burqa ne provoquent de crispation chez les Français. 
     
Enfin, il traduit l’arrivée à l’âge mûr de la génération de Mai 1968, plus tolérante (57% pour ce droit de vote) que leurs aînés de 65 ans et plus (59% contre). Il reste qu’un tel projet nécessiterait une réforme de la Constitution.
 
Source : Le Parisien –
Henri Vernet – Le 14 janvier 2010
 
   Jean-Louis Borloo (Parti Radical) approuve le principe du droit de vote des étrangers, même s'il insiste sur la nécessité d'une réciprocité de la part des pays d'origine.
 
Aussi, on retrouve de nombreuses personnalités de droite favorables comme Nicolas Sarkozy, Yves Jégo, Françoise de Panafieu, Gilles de Robien…
(Philippe Séguin y était également favorable).
  
D'autres, à l'image du patron des députés UMP Jean-François Copé, n'ont jamais caché leur "opposition totale" à cette mesure, estimant que le vote doit être "lié à la citoyenneté".
  
   Enfin, si la gauche (PS, PCF et Verts) est pour le vote des immigrés, le Front national se dit "évidemment" contre.
 
Source : Le Monde – Claire Ané – Le 13 janiver 2010

3 réflexions au sujet de « Sondage CSA-Le Parisien : « 55% des Français favorables au vote des étrangers » »

  1. Elodie P

    Je suis sympathisante UMP et je suis totalement contre ce principe du droit de vote des étrangers extra-communautaires.
    Dans certains départements et certaines villes, il y a des ressortissants hors Union Européenne en plus grand nombre et par conséquent, le résultat des scrutins locaux s’en trouverait faussé avec un basculement à gauche.

  2. Billel Ouadah

    Elodie,
    Je n’ai pas pour habitude de réagir avec force mais là, je trouve votre commentaire particulièrement réducteur car vous laissez entendre que tous les résidents étrangers hors Union Européenne voteraient à gauche !
    Autant, je conçois recevable l’argument des opposants à ce droit de vote qui le lie à la citoyenneté ; autant le votre…
    Pour ma part, comme Jean-Louis Borloo et la majorité de nos compatriotes (55%), j’ai beaucoup évolué sur cette question et j’y suis aujourd’hui favorable à la condition d’une réciprocité de la part des pays d’origine!
    Aussi, je considère qu’à partir du moment où un résident étranger paye des impôts et respecte les valeurs de notre République laïque, je ne vois pas pourquoi dans des élections relevant de son quotidien, et non des orientations politiques engageant la France (Souveraineté nationale), il ne pourrait pas donner son avis !!!
    Enfin, sachez qu’impliquer des personnes, quelqu’elles soient, c’est construire avec !

  3. Yousri Hidri

    C est aussi une nouvelle forme de clientelisme, qui va voir le jour, pour ceux qui font des « immigres », et assimiles, la base de leur « ideologie politique », et donc leur « cheval de bataille », tout comme ceux pour qui ces « immigres » constituent le principal « terrain de predilection », voire le « tremplin politique », la question etant delicate, chacun va devoir revoir sa copie, avec les « derives » que je vous laisse imaginer……
    Je n’ai jamais compris pourquoi les « immigres de longue date » ne pouvaient pas elire leur maire conseiller regional etc.., payant leurs impots et participant activement a la « vie de la cite », telle que definie dans les « democraties originelles »(si je puis me permettre ce terme).
    Si ce droit avait été accordé dans les années 80, comme prevu, nul doute qe la donne politique, de nos jours ne seraient pas la meme.
    Mais y a t il une relle volonte de mettre en place cette loi, brandie tel un « espoir et une evolution politique majeure », ou bien est ce comme le « plan banlieue » qui n’a de plan que le spectre?
    Toute la classe politique s’en mele, et pour ne pas ceder de terrain, Martine Aubry, emboite le pas de la droite, en « centrisant » son discours au besoin, la laissant apparaitre plus « rassemblatrice » que ses collegues(projection sur 2012?), alors que la droite est encore divisee sur ce sujet, en effet, eux auront plus de compromis a faire pour ajuster leur politique, il faudra meme « lisser » certains discours.
    Nous restons quand meme dans une logique de « fond de commerce » au dessus duquel chacun tente de prendre pied, mais sur la tete de qui….?

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