Seine-Saint-Denis (93) : « Le département vote un budget de crise »

de | 2010-04-10

Seine-Saint-Denis (93) : Le conseil général a adopté hier un budget en déséquilibre, ce qu’interdit la loi. Avec de nombreuses mesures d’économies et une augmentation des impôts de 6 %.

Sept heures de séance, et quelques négociations en coulisses ont abouti. Hier, le conseil général de Seine-Saint-Denis a adopté un budget « insincère », ou « de révolte », selon son président Claude Bartolone (PS).
  
Budget qui contient donc, dans la colonne des recettes, une somme « virtuelle » de 75 millions d’euros que le département réclame à l’Etat.

« Il est temps que sonne la révolte des territoires », a lancé le patron du département, appelant au « rassemblement des forces vives » pour obtenir la somme manquante. La délibération a recueilli les 17 voix du groupe socialiste. La droite a voté contre un budget jugé « hors la loi » par l’UMP Ludovic Toro.
  
Mais les élus communistes ont permis à la délibération de passer, en s’abstenant.
Seul Jean-Jacques Karman a voté contre « un semblant de budget en déséquilibre » et la hausse des impôts.

La droite réclame la démission de Claude Bartolone

Car le « budget de révolte » est aussi un budget d’économies, loin de satisfaire tout le monde. En témoignaient les banderoles brandies dans la salle, par les associations Zebrock ou Livres au trésor, craignant de perdre leurs subventions. « Nous entendons, quoi qu’il en soit, faire face à nos responsabilités », indiquait hier Daniel Guiraud, vice-président socialiste chargé des finances. Soulignant « l’effet de ciseaux entre des dépenses qui augmentent et des recettes qui diminuent », il a donc détaillé les économies réalisées : 35 millions d’euros dans la partie fonctionnement et 90 millions rognés sur les investissements de cette année. « Malgré tout, nous sommes obligés de revoir à la hausse la fiscalité de 6%. » Une nouvelle hausse, après celle de 7% l’an passé, qui devrait générer 20 millions de recettes en plus.

Quelques critiques se sont fait entendre dans les rangs communistes. Florence Haye a exprimé ses « vives inquiétudes quant aux coupes budgétaires annoncées ». Mais sur le fond, le groupe du PC répétait depuis le matin son accord avec le principe du budget en déséquilibre. « Nous avons été les premiers à le proposer », rappelait Pierre Laporte. Son groupe n’a pas obtenu le « fléchage » des 75 millions sur des dépenses précises, mais Gilles Garnier soulignait hier soir « des avancées ». Le déblocage de crédits pour le Salon du livre jeunesse, quelques moyens supplémentaires dans le domaine de l’insertion et de l’environnement, deux délégations communistes, ont joué.

Du côté de la droite, on a raillé un président de conseil général « incapable de présenter un budget sincère » et de nouveau réclamé la démission de Claude Bartolone. « Nous estimons que le problème est d’abord local et que vous vous êtes mis dans la posture d’un syndic de faillite », lançait l’UMP Jacques Chaussat.
 
Source : Le Parisien – Gwenael Bourdon – Le 9 avril 2010

Une réflexion au sujet de « Seine-Saint-Denis (93) : « Le département vote un budget de crise » »

  1. jean latouche

    Allez… encore une augmentation… 6%…
    il sera bientôt temps aux aulnaysiens de se révolter eux aussi!

Les commentaires sont fermés.