Saint-Ouen : Jacqueline Rouillon veut « faire taire les rumeurs »

de | 2008-09-30

Entrée en matière glaciale hier soir au premier conseil municipal de rentrée de Saint-Ouen. Deux mois et deux semaines après la perquisition menée le 22 juillet par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) à la mairie de Saint-Ouen, Jacqueline Rouillon, la maire PC, a tenu à « faire taire les rumeurs ».

« Une enquête préliminaire a été diligentée à l’initiative du procureur de la République de Bobigny, à la suite d’une plainte ou d’une dénonciation anonyme. Les enquêteurs se sont intéressés à une dizaine de dossiers de préemption. A ce jour, j’ignore si le dossier est toujours à l’instruction ou s’il a été classé sans suite », a lu d’un ton neutre l’élue, qui s’est étonnée que « cette investigation policière touche à la politique foncière de la ville. Saint-Ouen est connu pour essayer de limiter par cette politique la spéculation foncière aux portes de Paris. Et je réaffirme notre détermination à maintenir ce cap malgré les difficultés ».

Prudents, les élus se sont gardés de toute accusation mais ont pointé du doigt le manque de « transparence » de l’édile en matière de politique de préemption. Le groupe socialiste, citoyens et Verts, membre de la majorité, a pris ses distances avec Jacqueline Rouillon. L’opposant de droite William Delannoy (sans étiquette), interrogé par la BRDE, a été plus virulent : « A Saint-Ouen, on utilise soi-disant le Code d’urbanisme pour éviter la spéculation. Mais on ne dit pas qu’une certaine société, qui a changé maintes fois de nom, a obtenu la plupart de ces patrimoines. Alors, si vous vous étonnez de cette perquisition, moi, je ne m’en étonne pas. » Albert Kalaydjian (MoDem) a de son côté décidé de ne plus prendre part au vote sur les questions d’urbanisme tant que l’affaire ne serait pas terminée.
 
Source : Le Parisien – Le 30 Septembre 2008