Aulnay-sous-Bois – Rue d’Artois : « Inquiétude des riverains vis à vis de son possible prolongement »

de | 2010-03-31

Aulnay-sous-Bois - Rue d'Artois :
Le numéro 77 de l'hebdomadaire municipal Oxygène annonçait la couleur : le projet de prolongement de la Rue d'Artois à la rue du Moulin de la Ville est de nouveau à l'ordre du jour. L'équipe Aulnay Radical est venue à la rencontre des riverains pour connaitre leurs opinions sur ce dossier.
  
 

Historique d'un dossier controversé

Le projet d'ouverture de la rue d'Artois n'est pas récent. Celui-ci avait été annoncé quelques années auparavant, dans le cadre du chantier du Projet de Rénovation Urbaine et de désenclavement du secteur. "Je me souviens que Gérard Gaudron avait invité les riverains à découvrir les esquisses du projet", nous a affirmé un riverain. "A l'époque, nous avions vivement protesté. Si bien que de nombreuses modifications au projet initial avaient été ajoutées. Et puis ce fut le silence radio…".

Gérard Ségura ne s'était pas vraiment prononcé publiquement sur la question depuis son élection. Tout au plus, l'avait-il évoqué, sans pour autant valider ou non son prolongement à la rue du Moulin de la Ville."Il n'y a même pas deux semaines, notre voisine avait reçu l'assurance de la part d'une adjointe que rien n'était décidé. Et puis nous avons pris connaissance de l'article dans Oxygène. Ce fut pour nous un choc !"

Dans le cadre du Plan de Rénovation Urbaine, des ilots d'habitation devaient voir le jour sur une partie du terrain à proximité du stade Vélodrome. Les "croquis" présents dans l'hebdomadaire municipal ont laissé dubitatif une partie des riverains. "Je me suis déplacé à la Mairie suite à cet article. Je voulais en savoir plus sur les barres d'habitations présentées dans Oxygène", nous a témoigné une habitante. "On m'a répondu tout simplement que ce n'était qu'au statut de projet et que rien n'était réellement abouti"."C'est déjà bien précis pour un projet", enchérit un riverain sur un ton sarcastique.

Nous avons appris récemment que le promoteur initial s'était désisté, et qu'une autre société devait prendre le relais. Cependant, la pollution des sols dans ce secteur rend difficile toute construction. "C'était une ancienne décharge ici, qui allait jusqu'au terrain synthétique", nous a précisé un habitant de la rue d'Artois.

Pour nous être rendus nous-mêmes au Centre Administratif, nous n'avons pas pu avoir d'informations supplémentaires à ce sujet.
  
Une majorité de riverains contre ce désenclavement

La majorité des riverains interrogés critique ce projet de désenclavement, et la plupart d'entre-eux sont farouchement opposés au prolongement de cette rue à celle du Moulin de la Ville. Les principaux griefs relevés sont :

  • Augmentation de la circulation dans le secteur. Beaucoup craignent en effet que la rue d'Artois devienne un axe de transit
  • Insécurité pour les piétons, notamment avec le risque de voir augmenter le nombre de motos dans le secteur
  • Augmentation de la pollution

En outre, l'implantation de nouveaux logements dans cette zone suscite des interrogations :

  • Places dans les crèches et les écoles pour les enfants des futurs nouveaux riverains
  • Aménagement des transports, pour limiter la circulation de véhicules individuels

"Nous construisons des logements, c'est bien. Mais après ? Il faut que les équipements publics suivent", note une riveraine.

Pour une minorité cependant, l'ouverture de la rue d'Artois s'avère nécessaire. "Nous construisons des logements, il faut donc bien desservir les nouveaux habitants", souligne une habitante. "Même si au départ je ne suis pas pour l'implantation d'immeubles dans le secteur, le fait qu'ils existeront nous obligent à effectuer des aménagements de voirie", ajoutera t-elle ensuite.
 
Les riverains s'expriment aussi sur les incivilités et l'insécurité

En marge des témoignages recueillis sur ce projet d'extension de la rue d'Artois, beaucoup de personnes nous ont fait part de l'insécurité et des incivilités subies depuis quelques années.

"Il y a des problèmes d'éclairage autour du stage Vélodrome. La nuit, souvent, on me caillasse ma toiture. Il y a quelques années des aménagements ont été effectués mais depuis, et malgré de multiples signalements, rien n'a été fait", nous a confié une riveraine.

"Les motos posent aussi problème. Sans casque, certains arrivent à toute vitesse à l'intersection rue d'Artois/rue de Bigorre. Le risque d'accident est bien réel. De plus, les nuisances occasionnées exaspèrent les riverains", dit une habitante.

Une autre riveraine a également témoigné des incivilités concernant les véhicules : "Cela fait à peine 4 mois que j'ai emménagé ici, et ma voiture a été visitée à 5 reprises". D'autres riverains nous affirmèrent également que ces problèmes de vandalisme sur les voitures étaient récurrents. "Vous pouvez venir après 20h00, il n'y a quasiment plus un véhicule de stationné sur la rue, de peur de les voir visités le lendemain".

"On nous dit à la Mairie que grâce à l'ouverture de la rue, il y aura moins d'incivilité. Permettez-moi d'en douter", ajouta une voisine.

Autre phénomène signalé, le tapage nocturne, souvent l'été, qui prive parfois de sommeil les habitants les plus proches du stade Vélodrome. "Une nuit, à 2h00 du matin, j'ai entendu un bruit assourdissant. En allant voir, je me suis rendu compte que des personnes avaient enlevé le couvercle d'une bouche d'égout afin de s'amuser à la jeter en l'air, afin d'irriter les riverains"

Quelques riverains nous ont fait part de leur souhait d'installer la vidéo-surveillance dans le secteur, notamment proche du passage du stade Vélodrome. D'autres ont exprimé le désir d'avoir une patrouille de nuit de la Police Municipale afin de prévenir ces incivilités.

Enfin, le passage du Vélodrome suscite un vif débat auprès des riverains : faut-il le condamner, au risque d'empêcher le passage de ceux qui se rendent notamment au Galion ? Faut-il le fermer la nuit ? Ou faut-il au contraire le laisser libre 24h/24h ? Cette discussion pourra, espérons-le, aboutir à un consensus avec les services municipaux.

A noter que, malgré toutes ces difficultés, beaucoup apprécient le cadre de vie de ce secteur, notamment les jardins et les terrains verts offerts par le Vélodrome. L'absence de grande circulation, la tranquillité le matin et le cadre pavillonnaire donnent un certain charme, que beaucoup espèrent préserver, tout en luttant contre la montée des incivilités.

Source : Aulnay Radical – Le 31 mars 2010

4 réflexions au sujet de « Aulnay-sous-Bois – Rue d’Artois : « Inquiétude des riverains vis à vis de son possible prolongement » »

  1. P.REMY

    C’est aussi dans oxygène, mais dans le numéro 79 que les habitants de la cité arc en ciel vont découvrir que le chantier des 24 logements a été signé le 23 Mars. Heureusement, dans les panneaux d’affichage municipal, il y a toujours la photo de Mr le Maire avec la mention « à votre écoute ». Le tout étant de savoir à l’écoute de qui? Et puis il nous reste la démocratie participative… ici…et maintenant.(en tous cas, toujours pas de pubs pour payer oxygène, ce sera donc aux Aulnaysiens de règler la facture…).

  2. P.REMY

    Méa culpa,j’ai trouvé une pub page2, mais c’est dans un article qu’il faut la chercher.Oxygène faisant de la pub pour une marque de chaudière. Peut-être un nouveau sponsor ?. Au fait lorsque ces travaux auront commencé, nous pourrons aller compter, sur les chantiers, le nombre d’entreprises Aulnaysiennes qui auront été retenues.

  3. Alain RABIER

    Il semblerait que la municipalité ait changé de stratégie. Elle recherche la concertation, mais a posteriori, afin de susciter l’adhésion autour de projets pré-décidés. L’illusion de la concertation a pour but de justifier l’impossibilité d’un retour en arrière pour certains dossiers.
    A quand une tribune forte dans Oxygène rappelant votre détermination à préserver les zones pavillonnaires, du nord au sud de la ville? Je rappelle que les Aulnaysiens résidant dans les zones pavillonnaires ont fait le choix de la stabilité de leur zone d’habitat. L’inverse est également vrai : le logement collectif n’est pas un choix par défaut. L’entretien est moins onéreux qu’un pavillon et permet d’épargner plus facilement. Ne nions tout de même pas l’urgence sociale à laquelle les logements collectifs apportent une réponse temporaire ou définitive. Leur préservation passe ici par l’engagement de les laisser entre les mains de bailleurs qui n’augmenteront pas excessivement les loyers.

  4. Muller Jacques

    Le projet date de la précédente municipalité et nous nous y étions déjà opposés. Le pavillon et le terrain attenant situés 59/61 rue de Bigorre face à la rue d’Artois ont déjà été achetés par la précédente municipalité afin de prolonger la rue.
    Soyons clairs notre zone pavillonnaire est située entre les deux quartiers les plus chauds d’Aulnay. Le fait que nous soyons « enclavés » nous a relativement protégés lors des derniers évènements (aucune voiture n’a brulé rue de Bigorre à cette occasion). Le désenclavement – auquel nous sommes tous opposés – aura pour effet inévitable de transformer ce quartier tranquille en zône de passage et d’affrontement de bandes rivales. Ce « désenclavement » n’a aucune utilité ni pour nous ni pour Aulnay.

Les commentaires sont fermés.