Rosny-sous-Bois : La mort de Claude Pernès

de | 2010-05-24

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Un maire bâtisseur : En 2004, lors du lancement du chantier de Domus, le centre commercial dédié à la maison - En 2006, en visite sur le site d’un projet de 350 logements avec le ministre de la Cohésion sociale de l’époque, Jean Louis Borloo - En 2007, lors de l’inauguration de la résidence des Cerisiers, des pavillons pour les gens du voyage. (LP/Archives/Cédric Lecocq) – (LP/B.S.)

Le maire (Nouveau Centre) de Rosny-sous-Bois a succombé à une maladie à l’âge de 66 ans. Le monde politique salue une personnalité chaleureuse et consensuelle.
  
Les drapeaux de tous les bâtiments municipaux de Rosny-sous-Bois sont en berne depuis hier. Claude Pernès, 66 ans, le maire Nouveau Centre, est décédé dimanche matin des suites d’une maladie dans une clinique de la ville. Depuis décembre dernier, ce père de quatre enfants avait passé les commandes de la commune à son premier adjoint UMP, Claude Schmierer.
  
Les élus de tous bords saluent une personnalité chaleureuse et consensuelle.
   
Claude Pernès a connu tous les niveaux de la politique locale. Elu maire à 29 ans, en 1983, il a enchaîné cinq mandats sans interruption, ce qui fait de lui l’un des plus anciens maires du département. Il a occupé également durant quatre mandats le poste de conseiller général, avant de passer la main en 2004 à Claude Capillon, pour devenir conseiller régional. Placé en cinquième position sur la liste UMP des dernières élections régionales, il n’a pas conservé son poste.
 
« C’était un maire bâtisseur qui a profondément transformé la ville, témoigne Claude Capillon, adjoint au maire chargé de la politique de la ville. Grâce à des créations comme le centre commercial Domus, le golf, la zone industrielle et la multiplication des logements, il a fait passer la commune de 30000 à plus de 40000 habitants. » Président depuis 1995 de l’Association des maires d’Ile-de-France, « Il avait réussi à faire passer le nombre d’adhérents de 300 à 1 200 aujourd’hui », ajoute son ancien adjoint.
  
Claude Schmierer, maire par intérim, évoque également un homme d’amitié. « Il a toujours su apaiser les conflits, ménager les susceptibilités et réunir autour de lui une équipe solide, insiste-t-il. La preuve, la moitié des adjoints au maire actuels sont ceux qui ont commencé l’aventure en 1983. » Une amitié qui dépassait le cadre des étiquettes politiques. « En 1995, je roulais pour Balladur et lui pour Chirac, poursuit-il. Ça ne nous a pas empêchés de travailler ensemble en mairie. »
   
Ses adversaires politiques lui rendent également hommage. A commencer par Philippe Vachieri, opposant PS, qui s’est présenté à deux reprises contre lui. « Pernès était tellement apprécié à Rosny que je partais, à chaque élection, avec 6 à 8 points de retard, souligne-t-il. C’est d’ailleurs le même Claude Pernès qui l’a engagé à la mairie de Rosny, au service des sports, en 1985. « Cela prouve bien qu’il savait faire la part des choses entre les compétences professionnelles et l’engagement politique », assure-t-il.
   
Dans le département, la mort de Claude Pernès a entraîné de nombreuses réactions durant la journée d’hier. Claude Bartolone, président PS du conseil général, salue « un ami » et « un homme qui savait que le redémarrage social passe d’abord par l’éducation de notre jeunesse », faisant référence à la présence à Rosny d’une école de la deuxième chance et de l’Ecole nationale des arts du cirque. Jean-Paul Huchon, président PS de la région, parle d’« un homme profondément républicain, au service de l’intérêt général ».
  
Jean-Pierre Brard, député (app. PC) et ancien maire de Montreuil, a bien connu Claude Pernès. « Il était montreuillois d’origine, donc on se fréquente depuis longtemps, explique-t-il. Il n’aimait pas la confrontation et privilégiait toujours le consensus. » « Il était simple et savait manier l’humour et l’autodérision avec talent », évoque Vincent Capo-Canellas, maire du Bourget et président départemental du Nouveau Centre. François Fillon, le Premier ministre, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, et Bertrand Delanoë, maire de Paris, lui ont également rendu hommage hier soir.
  
Source : Le Parisien – Sébastien Thomas – Le 24 mai 2010