Relaxé, Dominique de Villepin veut « offrir une alternative » à la politique de Nicolas Sarkozy

de | 2010-01-29

Relaxé, Dominique de Villepin veut
Une victoire judiciaire mais aussi une victoire politique. La relaxe de Dominique de Villepin dans le procès Clearstream, où Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile, lui ouvre la voie pour la présidentielle de 2012.

Peu après l'énoncé du jugement, l'ancien Premier ministre s'est déclaré prêt à «servir les Français».

Dès le départ, Dominique de Villepin «a eu l'habileté de politiser cette affaire judiciaire à un moment où les Français s'interrogeaient sur l'exercice de la fonction présidentielle», explique le politologue Stéphane Rozes. Il poursuit : «Dorénavant son avenir politique s'éclaircit. En même temps, il est singulier, car il est le seul au sein de la majorité qui se situe explicitement comme une alternative politique à Nicolas Sarkozy» pour 2012. «Plus d'ailleurs sur la manière d'occuper la fonction présidentielle et la méthode de réforme, que sur le contenu», ajoute le politologue : pour l'heure Dominique de Villepin, «c'est d'abord un verbe, une image, qui en tout semble l'opposé de Nicolas Sarkzoy.»

Les ambitions du Club Villepin

Jamais été élu au suffrage universel, il s'appuie pour l'instant sur ses «amis» s'organisent autour de son club politique politique avec 8 000 adhérents revendiqués jusqu'ici en France et à l'étranger. Le réseau social qu'il a lancé sur clubvillepin.fr «ouvert à tous» pourrait prendre de l'ampleur. Ce jeudi après-midi, le site a explosé. «Il était totalement saturé avec plus de 1 000 connexions à la minute. Il est rétabli mais ça ne marche pas très bien. Le serveur ne peut plus tout absorber», a indiqué la présidente de Club Villepin, Brigitte Girardin, ancienne ministre de l'Outre-mer de Jacques Chirac.

A moyen terme, une antenne du club devrait s'ouvrir d'ici à l'été prochain dans chaque département. Un corpus de propositions alternatives devrait être conçu avant la fin de l'année, selon le site Mediapart. Brigitte Girardin compte aussi sur les dissensions au sein de l'UMP, une fois le combat des régionales terminé.

Une «alternative» à Sarkozy

Pour le député villepiniste, Jean-Pierre Grand, l'ancien chef de la diplomatie française «est un homme d'Etat qui représente une alternative, il peut rassembler très largement, au-delà de son camp historique.» «Je vois l'accueil populaire qui lui est fait sur le terrain, j'entends les gens dirent Il fait président!», explique-t-il à Mediapart en faisant référence à son déplacement à Bondy, en Seine-Saint-Denis, le 19 janvier. D'autant que «Bayrou est devenu une composante de l'union de la gauche», poursuit-il, polémiste.

A gauche, le député socialiste Arnaud Montebourg qui s'est réjoui de la relaxe de l'ancien Premier ministre, a estimé que Dominique de Villepin était désormais «très bien placé pour proposer une autre solution à droite». «Des députés UMP de la majorité avec qui nous avons des relations cordiales disent tous les jours qu'ils ne peuvent plus accepter la façon dont la France est gouvernée», a-il expliqué.

Source : AFP – Le Parisien – Le 28 janvier 2010