Régionales Ile-de-France 2010 : « Ali Soumaré victime d’un «problème d’homonymie» »

de | 2010-02-24

Régionales Ile-de-France 2010 : Ali Soumaré assure qu'il va continuer à faire du terrain et «espère que l'on va enfin parler des vrais problèmes des Franciliens».
 
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BRUNO FERT/PICTURE TANK POUR "LE MONDE"

La justice confirme que l'accusation la plus lourde portée contre la tête de liste PS dans le Val-d'Oise par ses adversaires UMP est fausse. Valérie Pécresse, elle, «condamne» l'initative du maire UMP de Franconville, à l'origine de ces révélations.

Objet d'une attaque en règle sur son passé judiciaire, Ali Soumaré, candidat PS aux élections régionales dans le Val-d'Oise, a décidé de répliquer publiquement mardi. Accusé par des élus UMP du même département d'être un «délinquant multirécidiviste», le socialiste a admis «une affaire qui remonte à 1999», «une erreur de jeunesse» qui lui a valu une condamnation à six mois de prison ferme mais «désormais prescrite». «J'ai même eu un déclic à ce moment-là. J'ai payé ma dette.»

Ali Soumaré a par ailleurs démenti les trois autres accusations des maires UMP de Franconville et Saint-Leu-La-Forêt (Val-d'Oise), Francis Delattre et Sébastien Meurant, qui le qualifient de «délinquant multirécidiviste chevronné». «Je sais ce que j'ai fait à cette époque-là, mais cela ne leur donne pas le droit de rajouter, 11 ans après, un autre passé judiciaire qui, celui-là, ne m'appartient pas».

Une réaction corroborée par le parquet de Pontoise un peu plus tard dans la journée. Mardi après-midi, la procureure de la République a en effet affirmé que dans le dossier le plus lourd qui lui est imputé par ses adversaires UMP – un vol aggravé avec violences jugé en 2007 -, Ali Soumaré est victime d'un «problème d'homonymie». «Le jugement du 8 février 2007 n'est pas un jugement rendu par le tribunal correctionnel, c'est un jugement rendu par le tribunal pour enfants et il ne concerne pas Ali Soumaré qui est né le 25 décembre 1980 », a expliqué la procureure de la République de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry.

A l'UMP, Raoult déplore «une campagne amateur»

Aussitôt, plusieurs membres de la direction du PS ainsi que le député UMP de Seine-Saint-Denis, Eric Raoult, sont montés au créneau pour critiquer «une redoutable erreur» de l'UMP et demander des excuses de la part de Valérie Pécresse, tête de liste de la majorité présidentielle en Ile-de-France. «On est plus sur un ring de boxe que sur une arène politique. Cette polémique me donne l'impression d'une campagne amateur, qu'il n'y a pas de patronne, qu'on a déjà perdu», a déploré Eric Raoult.

Dans un communiqué de presse, Valérie Pécresse a «condamné» mardi soir «l'initiative de Francis Delattre qui a conduit à évoquer à l'égard d'Ali Soumaré une condamnation prescrite, ainsi qu'à lui imputer la condamnation d'un homonyme». Et la chef de file francilienne de l'UMP de «regretter cette démarche qui ne correspond ni à sa conception de la politique, ni à ses valeurs». Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a en revanche refusé de condamner les propos de Francis Delattre, estimant sur Europe 1 qu'il s'agissait «avant tout d'un vrai sujet et un problème pour le Parti socialiste».

Lundi matin, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, avait affirmé sur RTL que les accusations contre Ali Soumaré étaient fondées sur des «documents très précis». Les élus UMP «ont récupéré des copies de jugements», avait-il indiqué, et visiblement, sa dernière condamnation en date remonte à «15 jours ou trois semaines» avant son investiture par le PS. «Mais enfin ce n'est pas qu'une condamnation, il y en a beaucoup» d'autres, avait ajouté le porte-parole de l'UMP. «Il a conduit visiblement sans permis et il a été condamné pour ça mais il y a beaucoup d'autres choses, notamment vol, vol avec violences donc des choses graves. (…) Je pense qu'il est normal dans une démocratie que les électeurs sachent à qui ils ont affaire».

«Je n'ai pas été respecté»

«Ces accusations font très mal (…) Je ne cesse d'être caricaturé (…) Je n'ai pas été respecté en tant qu'être humain», avait déploré le principal intéressé. Et le PS de dénoncer de son côté une «campagne politique» contre sa tête de liste, reprochant à la droite «de montrer du doigt celles et ceux qui vivent dans les quartiers». Il y a trois semaines, le PS avait déjà condamné des propos jugés racistes du maire UMP de Franconville à l'égard d'Ali Soumaré. «J'espère que l'on va enfin parler du programme et des vrais problèmes des Franciliens», concluait mardi matin Ali Soumaré dans l'interview au Parisien, assurant qu'il va «continuer à faire du terrain».

Source : Le Figaro – Thomas Vampouille – Le 24 février 2010