Rama Yade (Parti Radical) affole l’UMP

de | 2011-06-17

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« Jean-Louis Borloo est en train de mettre en place ses équipes, assure Rama Yade. Il veut me confier des responsabilités. » SIPA
  
Tensions à l’UMP. Jeudi, l’ex-secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme Rama Yade a annoncé sa démission de son poste d’ambassadrice de l’Unesco. Pour s’investir, dit-elle, « dans la campagne de Jean-Louis Borloo ». Nommée à ce poste en novembre dernier par Nicolas Sarkozy, Rama Yade a décidé de couper les ponts avec le Président : « J’ai besoin de renouer avec une liberté totale », déclarait-elle dans Le Monde jeudi.

Un coup dur pour le parti majoritaire. Le patron du Parti radical n’a pas encore annoncé sa candidature pour 2012. Mais avec ce départ, elle devient de plus en plus probable : « Jean-Louis Borloo est en train de mettre en place ses équipes, assure Rama Yade. Il veut me confier des responsabilités. » Du coup, à l’UMP, l’inquiétude monte d’un cran. Pour le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, cette annonce est « préoccupante » : « Aujourd’hui, la majorité s’approche d’une division. Elle prend un risque majeur vis-à-vis des élections à venir. » « Il y a quelques semaines, Borloo était encore dans l’idée de ne rien faire de nuisible envers Nicolas Sarkozy, confie un ministre. Je crains qu’il ne se laisse entraîner par les sirènes de son entourage. » Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, se fait plus menaçant, recommandant à Rama Yade de « ne pas oublier d’où on vient, où on est, et grâce à qui ».

« Une décision courageuse »

Jeudi, Chatel se trouvait justement au salon des PME à Paris, où il a ostensiblement ignoré Jean-Louis Borloo, également présent. Il était pourtant difficile de ne pas remarquer la foule de journalistes et curieux venus approcher le patron des radicaux, quelques heures à peine après l’annonce de Rama Yade. Son entourage en parle déjà comme de sa future porte-parole. Mais pour Jean-Louis Borloo, « on n’en est pas encore là ». D’ailleurs, il l’assure : « Ce choix, elle l’a fait en toute liberté et indépendance. » Avant d’ajouter : « Je suis heureux de travailler avec elle. Elle a pris une décision courageuse. » Enchaînant les poignées de main et les arrêts sur les stands, l’ex-ministre a refusé de commenter les signaux d’alarme lancés par l’UMP. Mais il veut bien le reconnaître : « Son engagement auprès de moi m’oblige encore plus… »

Source : France Soir – Julie Mendel – Le 17 juin 2011