Rachida Dati – Chantal Jouanno : « la guerre des dames est ouverte à Paris »

de | 2010-12-27

Rachida Dati - Chantal Jouanno : Le président de la fédération de Paris de l'UMP est contraint d'appeler au calme. 

Rachida Dati - Chantal Jouanno : Pendant la trêve des confiseurs, la campagne des élections municipales de Paris continue. Et donne lieu à un «couac» dont l'UMP et ses dirigeants, notamment ceux de la capitale, se seraient volontiers passés.

Vendredi dernier, la ministre des Sports, Chantal Jouanno, déclare à l'AFP qu'elle est «prête à faire un ticket» avec François Fillon en vue du scrutin municipal de 2014, et confirme aussi qu'elle est candidate aux élections sénatoriales de septembre 2011. Mais quand on lui rappelle que l'ex-garde des Sceaux, Rachida Dati, est elle-même intéressée par la succession de Bertrand Delanoë, Jouanno lâche un lapidaire : «Rachida est maire du VIIe arrondissement et députée européenne. C'est déjà très bien» et ajoute pour que les choses soient claires : «Une élection à Paris, ce n'est pas du casting et il ne faut pas considérer qu'on est là pour faire des coups.»

L'intéressée ne l'entend pas de cette oreille et fait savoir qu'elle «se sent surprise de cette agression», fait valoir son «bilan» parisien et s'en prend à son adversaire potentielle au sein de l'opposition municipale : «Sans doute, Mme Jouanno, qui n'a ni bilan ni idées, souhaite se faire une notoriété en m'agressant. Le président de la République n'a pas apprécié et l'a fait recadrer.»

 «Pas une déclaration de guerre» 

Le recadrage, c'est Chantal Jouanno qui l'opère elle-même, dès samedi dans une interview au Parisien. Elle assure alors que «soutenir François Fillon n'est absolument pas une déclaration de guerre à l'attention de Rachida» et explique que ses propos ont pu être «déformés».

Mais le mal est fait : depuis samedi, le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon, tente d'éteindre l'incendie. Il faut dire que le contexte politique est propice à faire naître les vocations : le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a ouvert la guerre de succession en annonçant dès 2008 qu'après deux mandats il ne serait pas candidat à sa réélection en 2014. L'adoubement de sa première adjointe, Anne Hidalgo, ne fait pas l'unanimité au sein du Parti socialiste. Et la droite, qui a perdu Paris en 2001 à cause de la rivalité entre Philippe Séguin et Jean Tiberi, espère que son heure est en train de revenir.

Mais rien n'est simple : Rachida Dati a des vues, dès 2012, sur la circonscription parisienne que pourrait aussi convoiter François Fillon, s'il décide de quitter son fief de la Sarthe. «Tout cela n'est absolument pas d'actualité», dit-on dans l'entourage du premier ministre.

Dans quelques jours, après les fêtes, Philippe Goujon, tout en préparant la liste UMP pour les sénatoriales à Paris, dont la constitution se fait dans la douleur, réunira tous les intéressés pour calmer le jeu. Et les esprits.

Source : Le Figaro – Béatrice Houchard – Le 27 décembre 2010