Présidentielle : Dominique de Villepin fustige la «politique tout sécuritaire» de Nicolas Sarkozy

de | 2010-06-02

Présidentielle : Dominique de Villepin fustige la «politique tout sécuritaire» de Nicolas Sarkozy - image  on http://www.billelouadah.fr 
Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre, qui lance son parti dans trois semaines, était mardi en visite à Mantes-la-Jolie.
 

Dans les allées du marché saturé de parfums, Dominique de Villepin fend la foule suivi par une trentaine de journalistes. «C'est lui qui a dit non à la guerre en Irak», explique un homme à son voisin. «C'est Dominique de Jospin», croit savoir un autre.
 

Apres Bondy en janvier et une tournée des territoires ruraux, l'ancien premier ministre a effectué mardi un nouveau déplacement en banlieue, dans le quartier du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie.
 

«Quand est-ce que vous vous présentez à la présidentielle ?», interpelle un jeune homme. «On va voir, on a encore du temps», lui répond Villepin, qui n'en dira jamais plus aux journalistes qui le pressent de question sur 2012. «Vous allez monter sur le ring avec Sarko ?, lance un fripier.
  
C'est la revanche de Villepin sur Sarko!» Mais déjà l'ancien premier ministre est loin. A la mairie de quartier, l'homme est accueilli par un chant de bienvenue traditionnel du Sénégal. Deme Aïssata, en boubou bleu, blanc, rouge, raconte qu'elle est venue à l'UMP avec Pierre Bédier, l'ancien baron de Mantes. Mais, assure-t-elle, «l'UMP c'est fini pour nous». Et elle promet qu'elle ne sera pas la seule.
  

Poursuivant sa tournée de France, à raison d'un ou deux déplacements par mois, Dominique de Villepin entretient son image d'opposant de droite à Nicolas Sarkozy. «Je n'ai pas peur des Françaises et des Français, je suis avec le peuple, et c'est bien eux qui vont m'accompagner», jubile-t-il au milieu de la foule, sans policier en vue pour assurer le service d'ordre. Manière de marquer un peu plus la différence.
  

Ce déplacement est également l'occasion, pour Dominique de Villepin, de renouveler ses critiques contre «la surenchère sécuritaire qui serait réponse à tout» menée par le gouvernement et Nicolas Sarkozy.
  
«Le président ne voit les choses qu'à travers une seule lunette qui sont les lunettes sécuritaires et ces lunettes-là ne rendent pas compte de la réalité», fustige-t-il avant de mettre en garde contre «la tentation au vue d'incidents d'aller toujours plus loin avec de nouvelles lois».
«Des réponses peuvent être trouvée à loi égale», estime-t-il.
  

Regrettant la disparition de dispositifs de police de proximité, «qui contribue au climat de securite», Villepin assure qu' on «ne peut pas faire une bonne politique des banlieues du haut des palais».
«La sécurité est un outil, ce n'est pas l'objet d'une politique» a-t-il encore précisé avant de regretter «que trop de politique ne viennent jamais en banlieue, ou alors derrière des cordons de CRS».
 

L'ancien premier ministre présentera le 19 juin à Paris son nouveau parti : «j'espère que nous serons nombreux et rassemblé pour faire une politique alternative», a-t-il souhaité à voix haute. Ses amis estiment qu'ils seront 3000. 
 
Source : Le Figaro – Jean-Baptiste Garat – Le 1er juin 2010