Présidentielle : « Borloo aussi rêve de 2012 »

de | 2010-04-11

Présidentielle : Pour ratisser large au premier tour, les centristes envisagent d’avoir un candidat. Morin y pense. Borloo aussi.
 
Il y pense souvent en se rasant… Convaincu que les déboires de François Bayrou sont durables et que la disparition du centre droit pose désormais un sérieux problème à la majorité présidentielle, Jean-Louis Borloo rêve de reprendre le flambeau centriste.
  
Le président du Parti radical n’exclut plus d’être en 2012 le candidat d’une nouvelle famille sociaux-démocrates-écolos ressoudée.
  
« Il regarde », concède son entourage. Encore hésitant, Borloo cogite : « Il y a toujours eu la droite plutôt bonapartiste, centralisatrice, assez classique et il y a toujours eu les Girondins, l’UDF, groupement des radicaux et sociaux-démocrates. D’une manière ou d’une autre, il faut regrouper ces centristes qui ne sont pas forcément d’accord pour une alliance très à gauche, plus des écologistes », a-t-il expliqué récemment. 
     
Le ministre de l’Ecologie consulte aussi : il a vu Jean-Pierre Raffarin, favorable lui aussi à l’éclosion d’un nouveau pôle de « démocratie apaisée » au centre. « Borloo serait une candidature de rassemblement de poids. Pour peser, il ne faut pas des phalanges ou des groupuscules, mais une armée ! » commente un proche de l’ancien Premier ministre. « Le problème des centristes aujourd’hui, c’est qu’ils n’ont pas de leader. Personne capable de dépasser 5 % », remarque de son côté le député UMP Marc Laffineur, proche de Raffarin.
  
L’hypothèse Borloo, si elle se confirmait, ferait en tout cas éclater l’UMP.
  
Beaucoup, depuis les régionales, veulent plus que jamais fédérer le puzzle centriste. A commencer par le Nouveau Centre d’Hervé Morin, qui, ce n’est plus un mystère, prépare sa candidature pour 2012. Il réunit justement aujourd’hui à Paris un conseil national à la recherche des « marqueurs politiques » d’une UDF rénovée. Lui aussi voit dans les dernières élections la démonstration que l’union de la droite ne suffira pas à Nicolas Sarkozy pour être réélu. Et il a déjà compris le danger Borloo. Le ministre de l’Ecologie, insiste-t-il, est également vice-président de l’UMP. « L’aventure centriste ne peut se vivre qu’en dehors du système » UMP, dit Morin, prêt à quitter le gouvernement pour mieux préparer sa candidature.
  
Cette semaine, le nouveau secrétaire d’Etat à la Fonction publique et vice-président de l’UMP, Marc-Philippe Daubresse, s’est lui aussi proposé de raviver la fibre centriste. Reste à trouver celui qui opérera le miracle.
 
Source : Le Parisien – Martine Chevalet – Le 10 avril 2010