Présidentielle 2012 : « Les étranges vœux de Borloo »

de | 2012-01-11

Le radical Jean-Louis Borloo a présenté mercredi matin des vœux éclairs. Avec un bref discours, où il est apparu… survolté. Avant de filer à l'anglaise.

Présidentielle 2012 :

Le chef du parti radical avait renoncé à se lancer dans la course présidentielle en octobre dernier SIPA/DUPUY FLORENT


Candidat ou désormais non-candidat, Jean-Louis Borloo suscite toujours autant de fascination… médiatique. Le président du Parti radical a présenté mercredi matin en moins de quinze minutes des vœux éclairs, sous l'oeil captivé de nombreux journalistes. Très agité, Borloo s'est félicité du sommet social organisé par le président Sarkozy le 18 janvier, en rappelant qu'il l'avait souhaité depuis plus un an. « Pourquoi est-ce qu'on voulait un tournant social ? Parce que nous sommes absolument convaincus que plus on est en crise et plus il faut investir sur les ressources humaines », s'est époumoné l'ancien maire de Valenciennes en secouant ses mains.

Présidentielle 2012 :

"Vous êtes omnubilés par la présidentielle"

Il a rappelé qu'il souhaitait depuis longtemps la taxe sur les transactions financières remise au goût du jour par le gouvernement. « On est heureux d'avoir été entendu sur la taxe mais nous souhaitons l'être aussi sur les autres propositions », a exigé Borloo sur un ton péremptoire, en réclamant notamment un « nouveau pacte » pour financer le chômage partiel.

L'ancien ministre de l'Ecologie, qui avait claqué la porte du gouvernement de Nicolas Sarkozy en 2010, a réaffirmé que sa stratégie serait « parlementaire ». « On a examiné toutes les hypothèses : rester à l'UMP, partir. Notre choix est clair : nous avons opté pour l'indépendance politique et financière », a t-il expliqué, un brin irrité. « Vous êtes omnubilés par la présidentielle, lance-t-il soudain aux journalistes. C'est une élection importante, mais le président ne pourra pas gouverner sans la confiance du Parlement. Les législatives sont vitales pour la France ».

"Bayrou ? J'en pense rien du tout! "

Borloo conclut ses vœux avec une requête inattendue adressée à François Fillon à propos des « chibanis » (« anciens » en arabe), ces travailleurs immigrés embauchés dans les travaux publics dans les années soixante. « Ils ont cumulé les petits boulots et ne peuvent donc pas bénéficier d'une vrai retraite, s'est indigné le président du parti radical. L'allocation du minimum vieillesse n'est pas exportable, ce qui les empêche de rentrer chez eux. Si François Fillon voulait me faire plaisir, il ferait en sorte que les chibanis puissent bénéficier de l'allocation même s'ils sont là-bas. Ce serait un très beau cadeau pour l'honneur de notre pays ».

A peine son discours achevé, Borloo s'efforce de filer au plus vite vers la sortie, tentant d'éviter la horde à ses trousses. « Je lâche, il parle pas », soupire un caméraman dépité. « Que pensez-vous de la candidature de François Bayrou ? », se hasarde une journaliste. La réponse fuse : « J'en pense rien du tout ! ».

Borloo serre les mains de quelques fidèles, claque des bises, puis semble soudain s'apercevoir qu'il est toujours poursuivi par une forêt de micros. « Je vous ai dit ce que j'avais à vous dire ! », s'emporte-t-il, avant de disparaître pour de bon. Ses amis paraissent déconcertés. « Il est en forme », commente laconiquement l'ancienne secrétaire d'Etat Rama Yade. « Il revient de vacances en Inde, apparemment ça lui a fait du bien, estime un autre membre de l'entourage. Il se sent plus léger depuis qu'il a renoncé à être candidat… »

Source : France soir – Marie-Laure Hardy – Le 11 janvier 2012