Présidentielle 2012 : « le baromètre politique BVA Orange SPQR RTL »

de | 2012-01-21

Présidentielle 2012 : Le sommet social du 18 janvier ne suscite aucun regain de confiance de l'opinion : près des trois-quarts (72%) des Français jugent que les décisions prises lors de ce sommet n'auront pas d'impact positif sur la situation de l'emploi.

Cette défiance, associée aux mauvaises nouvelles de ces derniers jours – perte du triple A, hausse du chômage, annonce de la très impopulaire TVA sociale – a un impact évident sur nos intentions de vote de mi-janvier : l'écart au premier tour, qui jusqu'à présent se resserrait entre Sarkozy et Hollande (il était de 4 points il y a dix jours), s'accroît de nouveau. Désormais, le candidat socialiste dispose de 7 points d'avance sur le Président avec 30% contre 23%. 
A l'inverse, l'écart avec Marine Le Pen se resserre lentement mais dangereusement. En quinze jours, elle progresse de 1 point, tandis que Sarkozy baisse d'autant. Sur deux mois – depuis notre dernière intention de vote de novembre, BVA-Presse Régionale-RTL-Orange, l'écart est passé de 9 points (27% contre 18%) à 5 points.
Enfin, François Bayrou confirme sa progression continue, profitant des électeurs de droite et de gauche déçus par les deux favoris. Avec 13%, il progresse de 2 points depuis début janvier et a quasiment doublé son score par rapport à notre dernière intention de vote BVA-Orange-Presse Régionale-RTL de la mi-novembre (7%).

1 – L'écart se creuse de nouveau au premier tour, Hollande disposant de 30% d'intentions de vote contre seulement 23% en faveur de Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen n'est plus très loin tandis que Bayrou poursuit sa progression, doublant presque son score entre novembre et janvier (7% contre 13%) .
 
Après avoir longtemps baissé dans les intentions de vote de novembre, décembre et même début janvier – ce qui était logique étant donné son niveau « stratosphérique » de mi-octobre – François Hollande progresse de nouveau en cette mi-janvier 2012.
Avec 30% d'intentions de vote au premier tour, il progresse de deux points par rapport à la dernière mesure BVA (publiée le 10 décembre dans le Parisien). A l'inverse, Nicolas Sarkozy baisse sensiblement (-1 point) par rapport à début janvier, et assez fortement par rapport à notre dernière mesure BVA-Orange-Presse régionale-RTL de la mi-novembre 2011.
A l'époque, crédité de son succès dans son bras de fer avec M. Papandréou à propos du référendum grec, le Président réunissait 27% des intentions de vote des Français.
Si son recul peut s'expliquer par un contexte très défavorable en ce début d'année – hausse du chômage et perte du triple A -, la progression de Hollande, elle, n'avait rien d'inéluctable. Très critiqué à gauche pour son atonie et certains couacs de sa campagne (polémiques sur le quotient familial, puis sur l'école), Hollande a sans doute paradoxalement bénéficié de la charge brutale de l'UMP à son égard. C'est tout l'inconvénient de la cellule r – poste de l'UMP qui, visiblement, produit un effet mobilisateur à gauche pour le candidat, même – voire surtout – s'il déçoit son propre camp.
Le danger pour Nicolas Sarkozy est d'autant plus réel que Marine Le Pen n'est plus si loin de lui. En hausse sensible (+1 point) elle n'est plus qu'à 5 points du Président alors qu'il la distançait de 9 points en novembre dernier.
Mais c'est évidemment François Bayrou qui constitue la sensation de ce mois de janvier : avec 13%, progressant de deux points depuis le début du mois (11%), le candidat du MoDem a quasiment doublé son score depuis la mi-novembre (7% à l'époque). 

2 – Hollande domine toujours très largement au second tour (57% contre 43%). Le sommet social du 18 janvier sur lequel comptait beaucoup Sarkozy ne l'a finalement pas aidé : les trois-quarts des Français (72% ) estiment que ce sommet n'aura pas de conséquences positives sur l'emploi
 
Le second tour est logiquement dominé par François Hollande. Avec 57% contre 43% à Nicolas Sarkozy, sa domination est toujours aussi nette. Son avance est stable depuis début janvier et ne s'est qu'à peine dégradée par rapport à notre dernière mesure BVA-Orange-Presse régionale-RTL de la mi-novembre. A l'époque il était crédité de 58% contre 42%.
En plus de son avantage initial de premier tour, le candidat socialiste bénéficie toujours de très bons reports des électeurs de gauche : entre les deux-tiers et les trois-quarts des électeurs Joly et Mélenchon de premier tour se reportent sur lui au second, les autres s'abstenant. Il continue aussi, pour le moment, de séduire les électeurs de plus en plus nombreux de François Bayrou, toujours très rétifs à un vote Sarkozy : 53% optant pour Hollande contre, seulement 19% pour Sarkozy (soit un report de 74% pour Hollande contre 26% à Sarkozy si l'on exclut les indécis et abstentionnistes).
Seule relative bonne nouvelle pour le Président, il semble séduire moins difficilement qu'auparavant l'électorat Front national, 49% optant pour Sarkozy contre 15% pour Hollande (soit les trois-quarts des exprimés). Meilleur report donc, mais qui reste nettement moins bon que celui des électeurs d'extrême-gauche en faveur de Hollande. 
Les difficultés du Président dans notre intention de vote s'expliquent. En plus des mauvaises nouvelles de ce début d'année, le Président ne pourra pas compter sur un impact positif dans l'opinion de son sommet social du 18 janvier sur lequel il fondait beaucoup d'espoirs de reconquête. Ainsi, les trois-quarts des Français interrogés (72%) estiment que ce sommet n'aura pas de conséquences positives sur l'emploi. Seuls 18% pensent au contraire qu'il pourrait avoir ce type d'effet positif. Et encore, il s'agit presque exclusivement de sympathisants UMP (57% d'entre eux le pensent). Les autres, n'y croient pas du tout : 15% auprès des Français apolitiques, 15% auprès des sympathisants MoDem, 16% auprès de ceux du FN et 5% auprès des sympathisants de gauche. 

Source : BVA Orange SPQR RTL - Gaël Sliman – Le 21 janvier 2012