Présidentielle 2012 : « François Bayrou, le centriste qui veut désendetter la France »

de | 2012-02-02

Présidentielle 2012 :

Pour la troisième fois, le président du MoDem, François Bayrou, se présente à une élection présidentielle. Son programme s’articule autour de ces axes: produire français, résorber le déficit, favoriser l’éducation, construire une nouvelle démocratie

Il a connu un départ de campagne fulgurant. Depuis l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle, le 7 décembre dernier, François Bayrou a fortement progressé dans les sondages. Selon l’institut Ipsos, le Béarnais est passé de 7 à 14% des intentions de vote entre début décembre et mi-janvier. Le président du MoDem (Mouvement démocratique) se situe à 15% pour le CSA, en hausse également. Il occupe la quatrième position derrière François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Son objectif: empêcher que l’élection se transforme en duel entre la gauche et la droite traditionnelles.

A 60 ans, le centriste est un habitué des campagnes présidentielles. Il entame sa troisième course à l’Elysée en dix ans. En 2002, sous la bannière de l’UDF, François Bayrou avait recueilli un peu plus de 6% des voix. En 2007, l’ancien ministre de l’Education nationale s’est imposé comme le troisième homme du scrutin, avec plus de 18% des suffrages. Depuis, il a vécu une grande traversée du désert, avant de se relancer dans la bataille de 2012, il y a plusieurs mois déjà. «Il croit avoir une mission divine. Il pense que son destin est écrit», raille l’un de ses anciens proches, le centriste Dominique Paillé, passé dans le camp de Jean-Louis Borloo. Le député des Pyrénées-Atlantiques est en tout cas un catholique pratiquant. Il ne cache pas sa foi, mais défend également la laïcité.

Malgré de récents ralliements, comme ceux du maire Nouveau Centre d’Annecy, Jean-Luc Rigaut, ou de l’écologiste Thierry Billet, son adjoint, François Bayrou conserve l’image d’un homme seul et solitaire. Candidat anti-système, en lutte contre la tendance française au bipartisme, l’ancien député européen ne dispose ni des troupes militantes du Parti socialiste ou de l’UMP, ni de leur appareil politique bien rôdé. La galaxie centriste reste extrêmement fragmentée, même si le renoncement à se présenter de l’ancien ministre Jean-Louis Borloo ou l’improbable candidature d’Hervé Morin pour le Nouveau Centre laissent le champ libre au Béarnais.

Source : Le Temps – Catherine Dubouloz – Le 2 février 2012