Polémique à Aulnay-sous-Bois sur la hausse des indemnités d’élus (+128%)

de | 2008-05-30

Polémique à Aulnay-sous-Bois sur la hausse des indemnités d'élus (+128%) - image dsc01124 on http://www.billelouadah.fr   BOBIGNY, 29 mai 2008 (AFP) – L'indemnité globale des élus d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a augmenté de 128% en 2008: "immoral" a dénoncé jeudi l'UMP qui a perdu la ville après un scandale touchant aux revenus de l'ex-maire, "justifié" pour "travailler plus et mieux", selon la nouvelle municipalité PS.
  

La première cible des critiques est le nouveau maire, Gérard Ségura (PS), dont l'indemnité augmente de 1.500 euros pour atteindre 5.742 euros bruts, en hausse de plus de 40%.
   

Celui-ci n'a pu être joint mais son cabinet a justifié la hausse globale par "la création de délégations supplémentaires", dont 5 maires-adjoints de quartier, portant à 34 le nombre d'élus indemnisés (maire, adjoints et conseillers délégués) contre 15 auparavant. Quant au maire, "il a décidé de renoncer à sa retraite de l'Education nationale", précise-t-on.
  

"Il s'agit de l'enveloppe (NDLR: maximum) légale", souligne le directeur de cabinet. A la question de savoir s'il s'agit de "travailler plus pour gagner plus", Philippe Palomo répond "travailler plus et travailler mieux" pour "rattraper le retard" de plusieurs chantiers, dont celui de la rénovation urbaine "bloqué depuis deux ans".
   

L'opposition ne conteste pas la légitimité d'une répartition élargie des tâches mais elle estime que "les indemnités auraient aussi dû être réparties".

"En dépit du partage des délégations, les adjoints sont augmentés de 500 euros par mois: ce n'est ni légitime ni moral", assène le conseiller municipal UMP Frank Cannarozzo.

  
La polémique a des airs de match retour dans cette ville de 80.000 habitants où l'ex-maire UMP Gérard Gaudron avait défrayé la chronique, à trois semaines des élections, pour avoir indûment cumulé pendant plusieurs mois indemnités Assedic et débours de député. Sa situation, révélée par le Canard Enchaîné, avait été jugée "choquante" par le porte-parole du gouvernement.
  

"Ceux qui diffamaient il y a quelques mois s'augmentent grassement", juge M. Cannarozzo, qui calcule que cette décision coûte "364.332 euros de plus par an à la ville".

  
Les élus UMP avaient cependant approuvé la délibération, votée à l'unanimité le 15 mai 2008. "On a réalisé l'ampleur de l'augmentation après, en faisant l'addition", explique l'élu.

AFP 93 – Sylvie Husson, journaliste détachée par l'AFP en Seine-Saint-Denis