Parole de militants : « Hamlet, Hécube, Scylla et Charybde, comment la tragédie s’est invitée au Parti radical » par Frank Sammeth (Parti radical de Paris)

de | 2012-02-28

 

Parole de militants : Le 10 mars se tiendra le 112ème Congrès du Parti radical.
  
Il ne pourra être plus différent du dernier où nous avons décidé à quasi-unanimité de quitter l’UMP et de regagner l’ensemble de nos libertés et notre indépendance.  
  
A partir de ce Congrès en passant par la création d’ARES une dynamique s’était créée, les militants ont retrouvé leur énergie, bref le parti radical recommençait à vivre et à réapparaître dans le paysage politique comme véritable troisième force politique.
 
Depuis, Jean-Louis Borloo n’a pas souhaité suivre son parti et en se retirant de la course présidentielle, nous avons perdu notre candidat aux présidentielles. La dynamique et l’enthousiasme initial se sont peu à peu essoufflés pour faire place à un spectacle digne d’une tragédie grecque voire moderne auxquelles les militants ne peuvent que assister alternant entre désespoir, frustration et désir de rébellion : Jean-Louis Borloo a longuement hésité, peut être ne voulait-t-il jamais se présenter.
  
Hervé Morin à son tour s’est lancé donnant le coup de grâce à l’ARES, il y a eu l’affaire Véolia, le Nouveau centre en en train d’éclater, la Gauche Moderne suivra probablement et notre congrès s’approche sans que nous ayons une position forte et claire, sont que les instances nationales fassent preuve de vision et de direction, beaucoup de nos candidats ont été mis « en veille », on manque cruellement de moyens pour peser aux législatives et encore plus d’une voix forte qui nous défende, qui fasse valoir nos intérêts.
 
Face à ce désarroi, les voix de ceux qui veulent retourner sous la tutelle de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, refont surface. Ce sont des voix minoritaires, mais influentes au sein de notre parti. Ils ont un fauteuil ou une investiture parrainé par l’UMP et ils savent que pour la garder ils doivent rentrer dans le rang. Ils choisissent opportunisme à très court terme et à issu incertaine contre l’intérêt général du Parti radical. Ils choisissent aussi d’endosser un populisme abject et un rapprochement à l’extrême droite révoltant
 
André Rossinot a jugé utile de déclarer dors et déjà son soutien à Nicolas Sarkozy. C’est mépriser la gouvernance démocratique d’un parti politique. Un militant peut s’exprimer librement, mais un président d’honneur qui en quelque sorte représente une position officielle du parti se doit de respecter la souveraineté du parti et attendre le congrès.
 
Le soutien politique du parti à un candidat ne pourra s’exprimer qu’à partir du congrès,  seule instance souveraine pour l’ensemble de notre famille politique.  Le parti radical n’est pas une annexe à une entreprise, à un cabinet d’avocat ou à des ambitions et des calculs personnels. Les instances démocratiques sont à respecter.
 
Le Parti radical a choisi l’indépendance, c’est un grand pas légitime que nous avons fait avec fierté et conviction. Pour que ce pas porte ses fruits nous devons vivre notre véritable indépendance. Cette indépendance on la trouvera que loin des calculs politiciens, chez nous, dans notre maison radicale où depuis plus d’un siècle nous avons fait naître humanisme, républicanisme et solidarité.
  
Il nous reste très peu de temps, le 10 mars arrive vite. Ceux qui veulent qu’il y ait encore un parti radical, ceux qui préfèrent défendre des valeurs centenaires, au lieu de s’accrocher à leur fauteuil, ceux qui préfèrent garder leur dignité et leur intégrité.
  
Reconnaissons-nous ! Rassemblons-nous ! Faisons entendre notre voix et faisons en sorte quelle soit majoritaire !
 
Refusons de nous ranger à coté des maîtres tel qu’un chien battu, geste de soumission qui aura pour seule conséquence la perte de toute crédibilité et la disparition de notre courant politique !
 
Dans ce cas, en dans ce cas seul, nous seront gagnants, indépendamment du résultat des élections  car le parti radical sera à nouveau un parti digne de son passé, digne de ceux qui nous ont précédés dans les grands moments de notre histoire ! Un des chapitres les plus sombres de l’histoire de notre famille politique pourra ainsi faire place au moment plus brillant de notre histoire !
  
Deux radicaux reposent au Panthéon : Léon Gambetta et Jean Moulin. Nourrissons nous de leur courage. Laissons la lumière tirer sa force des ténèbres !
 
Le parti radical est un parti républicain et humaniste et le restera, si Nicolas Sarkozy et l’UMP se rapprochent de l’extrême droite, ils le feront seuls, et seuls ils sombreront !
 
Vive la République ! Laïque, libre, fraternelle, égalitaire !

 

Frank Sammeth,
Parti radical de Paris