L’UMP entre craintes et espoirs pour 2010

de | 2010-01-04

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Nicolas Sarkozy aux côtés de Jean-Pierre Raffarin, Xavier Bertrand, Gérard Larcher et Bernard Accoyer, lors du conseil national de l'UMP du 28 novembre 2009.
Crédits photo : Abaca

Le parti présidentiel espère de bons résultats aux régionales pour négocier au mieux 2012. «Quand je me vois, je me désole, quand je me compare, je me console» : voilà, dressé par un cadre du parti, le bilan en demi-teinte de 2009 pour l'UMP. L'année avait commencé en fanfare, au conseil national du 24 janvier où Xavier Bertrand a pris les rênes du parti. Grisé par les déboires du Parti socialiste au congrès de Reims, Nicolas Sarkozy était venu célébrer à la Mutualité «la plus belle preuve d'ouverture» qui soit avec la nomination d'Éric Besson au poste de secrétaire général adjoint. Non sans faire grincer les dents de certains caciques.

 

Pour 2009, le parti présidentiel s'était donné une priorité : faire oublier les désastreuses élections municipales de 2008. L'occasion de la revanche est venue avec les européennes. Au terme d'un douloureux processus d'élaboration des listes, faisant la part belle aux alliés – du Nouveau Centre à la Gauche moderne -, la majorité recueille 27,9% des suffrages, plus de 10 points d'avance sur les listes du PS et celles des Verts. «Nicolas Sarkozy sait nous faire gagner les élections», conclut Xavier Bertrand. De ce résultat, plus que probant pour une élection à un tour, l'Élysée tire une stratégie, celle du «rouleau compresseur» : faire le plus haut score possible au premier tour afin que la «dynamique» créée permette de l'emporter au second. Ce qui implique le «rassemblement» maximum, autrement dit des listes communes de la majorité partout.

  

Dans la perspective des régionales de mars 2010, ce choix tactique mobilise aujourd'hui le parti. Imaginé au lendemain des municipales, le comité de liaison de la majorité est créé en avril en regroupant le Nouveau Centre, la Gauche moderne et les Progressistes autour de l'UMP et de ses partis fondateurs, le Parti radical et le Parti chrétien-démocrate. En juin, au lendemain des européennes, le comité s'est étendu au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et à Chasse, pêche, nature et traditions, tous soumis à la règle des listes uniques. Reste à transformer l'essai aux régionales et à faire mentir les sondages qui donnent ces listes en tête au premier tour et, généralement, battues au second. Même gagnées de justesse, comme à Rambouillet, les législatives partielles en 2009 ont validé cette stratégie.

  

Préparer les prochaines générations politiques

  

Pour se donner toutes ses chances, l'UMP cherche également à approfondir sa politique en faveur de la diversité et du renouvellement. «Il faut préparer les prochaines générations politiques», a donné pour consigne Nicolas Sarkozy. À cette fin, Xavier Bertrand sillonne la France au rythme de deux à trois déplacements par semaine depuis janvier, occasions pour lui de rencontrer les élus et les aspirants à l'élection. «Sur les 22  régions, il y a 19 nouvelles têtes de liste, explique-t-il. En 2004, il y avait une seule femme tête de liste régionale, il y en aura six cette fois-ci.» Ce renouvellement à marche forcée doit permettre à l'UMP de présenter de nouveaux visages dans la perspective des législatives de 2012. «Les parlementaires de la majorité, aujourd'hui, sont quasiment tous le produit des années Chirac, précise un cadre du parti. Nicolas Sarkozy souhaite voir émerger une génération plus à sa main.»

  

D'ici là, il faudra passer l'écueil des régionales. Même si l'UMP l'emporte dans une poignée de régions (Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Centre et Basse-Normandie représentent les meilleurs espoirs à droite), une majorité des vingt-six assemblées pourrait rester à gauche. Il n'est pas impossible non plus que l'opposition l'emporte en Corse ou en Alsace, victoires très symboliques puisque ce sont les deux seules régions à droite depuis 2004. Xavier Bertrand, qui effectuera des déplacements de 36 heures dans chacune des régions à partir de janvier, le répète à l'envi : «Chaque région gagnée sera une victoire.» Il serait difficile de mieux se préparer au pire.

  

Des militants moins nombreux

La désaffection des militants inquiète au plus haut point. Fin 2007, porté par l'élection présidentielle, le parti recensait quelque 370.000 cartes. Début 2008, on en dénombrait encore très officiellement 270.000. En novembre, le nombre de militants est tombé à 228.740. Une contre-performance que le secrétaire général de l'UMP relativise en attendant la mise à jour des cotisations. Reste que la route sera très longue pour Xavier Bertrand, qui s'est engagé en janvier dernier à dépasser les 500.000 adhésions d'ici à 2012.

  

Pour susciter les vocations militantes, l'UMP pariait notamment sur la mise en place de son nouveau site Internet participatif, Les créateurs de possibles, prévue en juin, puis en novembre. Le projet, conçu par l'agence de communication Isobar et supervisé par Christophe Lambert, n'a pas encore vu le jour

 
Source : Le Figaro – Jean-Baptiste Garat – Le 04 janvier 2010