Les radicaux de Borloo prêts pour l’indépendance

de | 2010-11-24

Les radicaux de Borloo prêts pour l'indépendance - image  on http://www.billelouadah.fr Jean-Louis Borloo a décidé de quitter la vice-présidence de l'UMP, une initiative qui laisse présager le départ de son Parti radical de la formation présidentielle, dont il avait été un membre fondateur en 2002.

L'ex-ministre de l'Ecologie a annoncé sa décision lors d'un bureau national du Parti radical réuni mercredi, dix jours après la constitution d'un nouveau gouvernement auquel il a refusé de participer après avoir été un temps donné favori pour succéder à François Fillon au poste de Premier ministre.

Il a depuis lancé un appel au rassemblement de la famille centriste aujourd'hui éclatée en plusieurs composantes et qui a été la grande perdante, avec les libéraux de l'UMP, du remaniement ministériel.

"C'est une décision cohérente avec celle qu'il a prise de ne pas participer au gouvernement, c'est la même démarche qui lui permet de retrouver sa liberté de parole et de proposition", a dit Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical, lors d'un point de presse.

Il a ajouté que le bureau avait "souhaité de manière collégiale qu'aucun radical ne participe à l'exécutif de l'UMP, le bureau souhaitant que le parti travaille dès maintenant à son indépendance dans la majorité" présidentielle.

L'évolution des liens entre l'UMP et le Parti radical sera tranchée lors d'un congrès convoqué début 2011 pour adopter en outre le manifeste politique de la formation en prévision de la présidentielle 2012.

"Pour le Parti radical, l'évolution logique c'est d'être un allié loyal mais indépendant", a encore dit Laurent Hénart.

Jean-Louis Borloo devrait en dire plus lors d'un "dîner de la République" réunissant ses amis le 9 décembre, au terme d'une convention sur les "valeurs de la République" organisée par le Parti radical à Paris. L'ancien ministre retrouvera quatre jours plus tard son siège à l'Assemblée nationale.

Vers un rapprochement avec le Nouveau Centre ?

Cette volonté d'indépendance ouvre la voie à une alliance avec le Nouveau Centre d'Hervé Morin, qui se veut lui aussi un pôle de rassemblement centriste mais avec une ambition supplémentaire : la présence, contre l'avis de l'Elysée, d'un candidat de cette sensibilité à la présidentielle de 2012.

Jean-Louis Borloo et l'ancien ministre de la Défense se sont rencontrés récemment et sont convenus de se retrouver, le premier ayant proposé la création d'un groupe de travail commun aux deux formations.

"L'idée c'est de se réunir, de travailler ensemble, elle n'est pas de se concurrencer", a souligné Laurent Hénart.

Quant à la question d'une candidature centriste à la présidentielle, elle ne se pose pas pour le moment. "Nous ne sommes pas pour le moment dans ce timing", a dit l'ancien ministre Serge Lepeltier, un des responsables du Parti radical.

Hervé Morin, qui réunissait mercredi un bureau politique du Nouveau Centre, s'est félicité de cette nouvelle "convergence" avec les radicaux.

S'il ne met pas de préalable à l'ouverture des discussions, l'ancien ministre de la Défense entend qu'un objectif clair soit fixé d'entrée, à savoir l'indépendance vis-à-vis de l'UMP, ce qui doit se traduire aussi selon lui par la constitution de groupes parlementaires commun entre le Parti radical et le NC.

Il a ajouté que les membres du Bureau politique du NC avaient réaffirmé leur volonté de "porter un message centriste au moment de l'élection présidentielle".

"Notre détermination reste totale", a-t-il dit.

Hervé Morin est handicapé sur ce point par son manque de notoriété par rapport notamment à celle de Jean-Louis Borloo.

Pour la première fois depuis son départ du gouvernement, le nom de l'ancien ministre de l'Ecologie est testé cette semaine dans un sondage TNS-Sofres-Logica pour Le Nouvel Observateur sur les intentions de vote présidentielles.

Il est crédité de 5 à 8,5% d'intentions de vote, en fonction du candidat socialiste à l'Elysée.

Source : Reuters – Le 24 novembre 2010