Les Lilas : des projets pour le fort de Romainville

de | 2008-08-07

Les Lilas : des projets pour le fort de Romainville - image leparisien06082008 on http://www.billelouadah.fr   L’armée s’apprête à vendre cet espace de 5,3 ha. Il pourrait, entre autres, accueillir un mémorial dédié aux femmes déportées.
   

   A l’heure où la Grande Muette ferme des bataillons dans toute la France, le ministère de la Défense se prépare à vendre le fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas. Certes, le site n’abrite plus un seul militaire depuis longtemps. Il n’y subsiste que quelques archives de la marine et la tour TDF construite en 1984. C’est la mission pour la réalisation des actifs immobiliers (MRAI), un organisme dépendant du ministère de la Défense, qui est en charge depuis plusieurs mois de négocier la vente du fort devenu inutile aux armées.
Une étude urbaine a été engagée pour réfléchir à la reconversion de cet ouvrage militaire de type Vauban construit entre 1844 et 1848 à la demande de Thiers pour assurer la protection de Paris.
   
Interdit de construire des logements
   
Le cabinet du célèbre architecte Nicolas Michelin a été chargé en janvier de chapeauter cette étude placée sous l’autorité d’un comité de pilotage tripartite réunissant le préfet, la MRAI et la ville. Le groupe de travail devrait se réunir à l’automne. « La commune n’a pas vocation à devenir propriétaire du site, prévient Fabrice Belkacem, directeur général des services de la ville. C’est l’armée qui lancera des appels d’offres pour connaître les investisseurs qui souhaitent s’y implanter. » La ville a néanmoins posé quelques conditions sur l’avenir des 5,3 ha du fort. Avec l’accord de l’armée, elle a classé la zone comme non constructible en raison du nombre déjà important d’habitations dans le quartier voisin de l’Avenir.
 
   Elle souhaite également la préservation de la biodiversité du site qui sert de halte pour les oiseaux migrateurs et abrite des insectes rares dans la région parisienne, tels la mante religieuse ou le papillon queue fourchue. « La zone devra permettre la transition entre la ville et la future base régionale de loisirs qui doit voir le jour à Romainville », précise Fabrice Belkacem. Autres pistes évoquées : la création d’un mémorial dédié aux femmes résistantes ou déportées durant l’Occupation, le fort fut transformé en lieu de transit où 3 900 femmes furent enfermées avant d’être déportées , un monument du souvenir aux 200 résistants fusillés en 1944 par les nazis. Le lieu pourrait également accueillir un espace d’activités économiques et des équipements publics : extension éventuelle du collège Marie-Curie, salle municipale, nouveau commissariat…
   
Source : Le Parisien – Julien Duffé – Le 06.08.2008