Législatives 2012 – Financement public vie politique : « Les centristes créent leur énième étiquette »

de | 2012-05-15

Les radicaux de Jean-Louis Borloo ont créé une association ouverte à tous les centristes en prévision des législatives. Objectif : indépendance.

Législatives 2012 - Financement public vie politique :

La rumeur circulait dans les rangs centristes depuis quelques semaines. C'est le journaliste de La Croix Laurent de Boissieu qui l'a confirmée sur son blog, lundi matin : une énième chapelle est née au centre droit de l'échiquier politique. Plus précisément, il s'agit d'une association créée en prévision des élections législatives à venir. Il existe donc une nouvelle case à cocher dans la "déclaration de rattachement à un parti ou groupement politique" que tout candidat doit remplir entre lundi 14 et vendredi 18 mai. L'Urcid, de son petit nom (Union des radicaux, centristes, indépendants et démocrates), a été déclarée au Journal officiel en tant que "formation politique qui rassemble les radicaux, centristes, républicains, démocrates, progressistes et qui a pour objet de défendre les valeurs de laïcité, d'épanouissement personnel, d'égalité des chances, de justice sociale et de développement durable". "La marque avait été préalablement déposée par Laurent Hénart", numéro deux du parti de Jean-Louis Borloo, rapporte Laurent de Boissieu. 

Parti associé de l'UMP au début du quinquennat qui s'achève, le Parti radical valoisien ne disposait pas d'association de financement en tant que telle. Ses 19 députés étaient en effet affiliés à l'UMP, qui lui-même reversait chaque année environ 1,2 million d'euros au parti de Jean-Louis Borloo. Avec l'annonce en mai 2011 du départ de l'ancien ministre de l'Écologie de l'UMP, et ses vélléités de candidature à la présidentielle, le parti majoritaire, estimant que les clauses de leur contrat n'étaient plus respectées, avait décidé d'interrompre ces versements. Une décision rapidement contestée par le PRV. Mais un compromis avait été trouvé, puisque le parti dirigé par Jean-François Copé avait finalement proposé de verser une somme au prorata du nombre de mois dans l'année durant lesquels le Parti radical avait effectivement été associé à l'UMP. Pour l'année 2012, le Parti radical s'est donné les moyens de survivre en signant un accord avec Le Trèfle, un petit parti écologiste marseillais qui ne dispose pas d'élus

Or les financements publics sont versés en deux parties. La première est attribuée dès lors que 50 candidats aux législatives ont obtenu au moins 1 % des suffrages exprimés. La deuxième est liée au nombre de parlementaires affiliés à l'association. Le Trèfle n'en a aucun. Alors cette fois, le Parti radical anticipe le coup en ayant sa propre association, qui laisse toutefois la porte ouverte à des candidats issus d'autres partis, et qui, juridiquement, n'oblige pas ceux qui y souscrivent à adhérer au parti. Mais les membres du Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde et François Sauvadet, en conflit avec Hervé Morin, pourraient bien avoir envie de cocher la case. Et l'ex-ministre de la Défense assure à qui veut l'entendre qu'il exclut de constituer un groupe où siègeraient ses deux ennemis. Pourtant la règle est simple : le nombre de députés minimum pour constituer un groupe au Palais-Bourbon est de 15. Incapables de s'entendre pour l'instant, Morin comme Borloo et ses soutiens mettent tout en oeuvre pour attirer quelques candidats divers droite, ou des centristes "égarés", tels que le maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin

Source : Le Point – Pauline de Saint Remy  - Le 15 mai 2012