Législatives 2012 : « Bientôt des députés de la diversité à l’Assemblée »

de | 2012-06-14

Législatives 2012 :
Le second tour des législatives devrait confirmer la percée des candidats issus de l’immigration, tous de gauche. L’UMP reste très en retard.

Après des mois d’efforts, Christophe Borgel, responsable des élections au PS, se frotte les mains. « On s’était fixé un objectif ambitieux de faire élire à l’Assemblée nationale dix candidats représentant la diversité de la population française, eh bien on va l’atteindre. » Pour la première fois sous la Ve République, l’hémicycle du Palais-Bourbon va prendre quelques couleurs, en dehors des élus de l’outre-mer. Seybah Dagoma (Paris), Razzy Hammadi (Montreuil-Bagnolet), Malek Boutih (Morsang, Essonne), Kheira Bouziane (Chenôve-Dijon), Chaynesse Khirouni (Nancy), Kader Arif (Haute-Garonne), Hélène Geoffroy (Vaulx-en-Velin, Rhône), George Pau-Langevin (Paris), Pouria Amishahi (9e circ. Français de l’étranger) et Corinne Narassiguin (1re circ. Français de l’étranger) ont de bonnes ou de très bonnes chances d’être élus dimanche sous l’étiquette socialiste. Il faut y ajouter l’écologiste Léla Bencharif, bien placée à Firminy (Loire). Pour d’autres socialistes, comme Caroline Adomo (Créteil-Nord), Milouda Latrêche (Bobigny-Drancy), Sabrina Ghallal (Reims) ou encore Zina Dahmani (Tourcoing-Nord), la partie, sans être totalement perdue, est plus difficile. Au Blanc-Mesnil, la socialiste Najia Amzal (30,49%) a dû se désister en faveur de la communiste Marie-George Buffet pour seulement 800 petites voix de retard.

Le PS et les Verts bons élèves

Un bilan plus que satisfaisant si l’on considère que l’on part de presque zéro (élue en 2007, la Guadeloupéenne George Pau-Langevin était la seule représentante de la diversité en métropole). « Cela a été possible parce qu’un travail de promotion de nouveaux élus avait déjà été fait dans les collectivités locales et grâce à l’appui sur cette question de Martine Aubry », explique Borgel. Le secrétaire national aux élections du PS estime nécessaire de continuer cet effort « afin que, petit à petit, le mouvement se fasse naturellement. Il faut que la question d’en avoir ou pas (NDLR : des élus de la diversité) ne se pose plus un jour ou l’autre. »

La « performance » (toute relative) du PS et des Verts n’en rend que plus patent l’échec des autres partis, en particulier l’UMP, dans ce domaine. « Nicolas Sarkozy avait ouvert une brèche avec les nominations au gouvernement de Dati, Yade et Amara, mais l’UMP n’a pas voulu suivre », se désole Dogad Dogui, président de France Diversité, qui a depuis quitté l’UMP. « Il est vrai, reconnaît-il, qu’il fallait être costaud dans les derniers temps pour porter le discours de Sarkozy quand on est noir ou arabe. »

Source : Le Parisien – Philippe Martinat – Le 14 juin 2012