Le maire dénonce des « parachutes dorés »

de | 2008-10-22

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Gérard Ségura (PS) a porté plainte pour abus de confiance après le versement de 170 000 € d’indemnités à trois anciens salariés de la maison de l’emploi. Selon le maire, la M2E aurait demandé à la ville une subvention équivalente aux indemnités versées.

La M2E, Maison de l’entreprise et de l’emploi, installée depuis plus de six ans dans le nord d’Aulnay-sous-Bois, était l’une des fiertés de l’ancienne majorité UMP. Prise pour modèle par le ministère de l’Emploi il y a quelques années, elle fut la première à obtenir le label Maison de l’emploi en 2005.

Mais la structure, destinée à favoriser l’embauche locale et l’implantation des entreprises, est devenue une pomme de discorde entre la majorité municipale du maire socialiste, Gérard Ségura, et l’ancienne équipe. Gérard Ségura a déposé plainte pour abus de confiance au nom de la M2E, dont il est désormais le président. Il dénonce l’octroi de « parachutes dorés » à plusieurs cadres de la M2E Expansion, l’une des structures de cette association subventionnée par la ville. Entre janvier et mars dernier, trois cadres ont bénéficié d’indemnités de départ, pour un montant « supérieur à 170 000 € », selon la municipalité. Les faits incriminés ont eu lieu juste avant les élections municipales et le changement d’équipe.

« Dans l’un des cas, la transaction portait sur la somme de 105 000 €. Elle a été évoquée par courrier plusieurs mois avant le licenciement de l’intéressé, indique Gérard Ségura. Dans un second cas, il s’agit d’une somme de 60 000 €. » Fait troublant, selon l’élu : les responsables de la M2E auraient demandé à la ville le versement anticipé d’une subvention… dont le montant correspondait au total des sommes versées aux cadres sur le départ.

L’ancien président de la M2E se défend

L’affaire a nourri un long débat lors du dernier conseil municipal. Jacques Chaussat, ancien premier adjoint (UMP-Parti radical) et ex-président de la M2E, reconnaît que les transactions ont eu lieu, et qu’il en était parfaitement informé. Mais, affirme-t-il, elles ont été faites « en toute légalité » : « Il s’agit de transactions classiques, comme il y en a dans toutes les entreprises. Un avocat spécialisé s’en est d’ailleurs occupé. »
   
   Selon l’élu d’opposition, Gérard Ségura obéirait à « des arrière-pensées politiciennes, dans un contexte préélectoral », allusion à l’annulation récente des élections municipales par le tribunal administratif le maire a fait appel devant le Conseil d’Etat.

Source : Le Parisien – Gwenael Bourdon – Le 22 octobre 2008