« Le football est pris en otage du monde politique »

de | 2008-10-17

L’affaire de la Marseillaise sifflée au Stade de France a fait l’objet d’une récupération politique, estime Michel Platini dans un entretien accordé au journal Le Monde publié vendredi.

"Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains de France mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et cela ne choquait personne", déclare l’ancien meneur des jeu des Bleus, aujourd’hui président de l’Union européenne de football (UEFA).

"Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport", ajoute-t-il.

Les sifflets de mardi au Stade de France pendant la Marseillaise avant la rencontre France-Tunisie ont provoqué l’indignation du gouvernement et conduit Nicolas Sarkozy à annoncer que les matches seraient arrêtés pendant les hymnes nationaux.

Michel Platini estime qu’il ne s’agit pas de la bonne réponse à apporter au problème.

"Si on commence à arrêter un match parce qu’il y a des sifflets, dans ce cas-là on arrête aussi dès qu’un joueur se fait siffler ou quand le gardien se fait conspuer après un dégagement, c’est absurde", dit-il.

"Et pourquoi pas un policier derrière chaque spectateur ?", ajoute-t-il. "Il faudrait plutôt éduquer les supporters car dans certains pays, les hymnes ne sont jamais sifflés", ajoute-t-il.

Source : Reuters – Le 17 octobre 2008 – Patrick Vignal