Le Figaro : « Ces ministres et ces socialistes, champions du cumul des mandats »

de | 2009-09-18

Les "cumulards" une nouvelle fois dans le viseur. Depuis que Martine Aubry a annoncé, fin août à La Rochelle, sa volonté, entre autres, de consulter les militants socialistes le 1er octobre sur le non-cumul des mandats, ce vieux serpent de mer de la politique a réinvesti le débat public. Lefigaro.fr a choisi huit ministres (nom en bleu) qui occupent plusieurs postes importants et huit personnalités socialistes (en rose) adeptes du cumul des fonctions. Tour d’horizon.

 

Dominique BUSSEREAU. Secrétaire d’Etat chargé des Transports, il est aussi président du conseil général de Charente-Maritime et conseiller municipal de Saint-George-de-Didonne. Il est l’un des trois ministres présents au gouvernement sans interruption depuis 2002, avec Michèle Alliot-Marie et Jean-Louis Borloo.

 

Luc CHATEL. Ministre de l’Education nationale, porte-parole du gouvernement, il est depuis mars 2008 maire de Chaumont, dans la Haute-Marne, l’une des seules villes importantes reconquises par la droite, avec le Puy-en Velay (Laurent Wauquiez) et Calais (Natacha Bouchart).

  

Patrick DEVEDJIAN. Ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance, il préside également depuis 2007 le conseil général des Hauts-de-Seine, plus riche département de France, où il a succédé à Nicolas Sarkozy. Une fonction qu’il cumulait avec le poste de secrétaire général de l’UMP, mais il ne faisait alors pas partie du gouvernement Fillon.

  

Christian ESTROSI. L’un des champions français du cumul des mandats. Ministre chargé de l’Industrie, il occupe aussi les fonctions de maire et président de la communauté urbaine de Nice. Il était même encore président du conseil général des Alpes-Maritimes jusqu’en juin dernier, poste qu’il a dû lâcher pour cause de cumul. Il avait quitté le gouvernement en mars 2008, jurant qu’en cas de victoire à Nice, il se consacrerait à son rôle de maire à «plein temps».

  

Hubert FALCO. Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, maire et patron de l’agglomération de Toulon, ancien président du conseil général du Var. Il devrait aussi être le chef de file de l’UMP en Provence-Alpes-Côte-d’Azur aux régionales de mars 2010.

 

Michel MERCIER. Le ministre de l’Espace rural et de l’aménagement du territoire, nommé lors du remaniement de juin 2009, préside le conseil général du Rhône depuis 1990, avec l’appui de l’UMP. Ex-trésorier du MoDem, il s’est mis en congé du parti de François Bayrou après avoir rejoint la majorité présidentielle.

 

Hervé NOVELLI. Secrétaire d’Etat chargé de multiples secteurs (commerce, artisanat, petites et moyennes entreprises, tourisme, services et consommation), il dégage du temps sur son agenda pour gérer la ville de Richelieu, en Indre-et-Loire, dont il est maire depuis mars 2008, ainsi que la communauté de communes du pays de Richelieu. Il devra aussi consacrer une partie de son agenda pour mener la liste UMP aux régionales dans la région Centre, après avoir été désigné par les militants.

  

Eric WOERTH. Ministre du Budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, il est maire de Chantilly, dans l’Oise, et président de la communauté de communes de l’aire cantilienne depuis 1995. Fonctions auxquelles il doit ajouter celle de trésorier national de l’UMP.

 

Jean-Marc AYRAULT. Député socialiste de Loire-Atlantique depuis 1986 et maire de Nantes à partir de 1989, il préside par ailleurs Nantes Métropole, l’agglomération de la plus grande ville des Pays de la Loire, depuis 2002. Elu en 1997 à la tête du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, il occupe toujours ce poste actuellement.

 

Gérard COLLOMB. Ce proche de Ségolène Royal, avec qui il a pris ses distances depuis le Congrès de Reims, est sénateur-maire de Lyon, la capitale de Rhône-Alpes dont il dirige également la communauté urbaine.

 

Henri EMMANUELLI. Député depuis 1978 et président du conseil général des Landes depuis 1982, le plus ancien patron d’un département en fonction avec Christian Poncelet, dans les Vosges. Dans le même cas que lui au PS, Claude BARTOLONE, député et président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Jean-Louis BIANCO, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ainsi que dix autres élus socialistes.

 

François HOLLANDE. Député depuis plus de 20 ans et président du conseil général de Corrèze. Premier secrétaire du PS pendant onze ans, avant de céder sa place à Martine Aubry en décembre dernier, il ne semble pas disposé à céder son siège à la tête d’un département qu’il a conquis de haute lutte face aux héritiers de Jacques Chirac.

 

Arnaud MONTEBOURG. L’apôtre du mandat unique – son combat majeur depuis son entrée en politique – a finalement mis de côté ses convictions pour enfiler un deuxième costume en mars 2008, celui président du conseil général de Saône-et-Loire, en plus de son mandat de député, fonction qu’il occupe depuis 1997.

 

François REBSAMEN. Sénateur-maire de Dijon, en Côte d’Or, ce soutien de Ségolène Royal ne veut pas entendre parler de la règle du mandat unique, sauf si une loi l’impose aux élus, toutes tendances politiques confondues. Il a d’ores et déjà prévenu qu’il ne se soumettrait pas à la règle du non-cumul, si les militants PS le décidaient lors de la consultation interne du 1er octobre.

  

Manuel VALLS. Député-maire d’Evry, dans l’Essonne, confortablement réélu, et patron de la communauté d’agglomération Evry Centre Essonne. Il n’a jamais fait du cumul des mandats un thème de campagne et ses relations houleuses avec Martine Aubry ne devraient pas l’inciter à lâcher un de ses postes.

  

Michel VAUZELLE. Député et président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis 1998, il devrait encore se représenter face à Hubert Falco et Jean-Marie Le Pen. Au Parti socialiste, Alain ROUSSET est dans la même situation que Vauzelle, avec ses fonctions de député et de président du conseil régional d’Aquitaine. Même chose pour Jean-Jacques QUEYRANNE en Rhône-Alpes, et trois autres personnalités du PS. Daniel PERCHERON (Nord), Jean-Pierre MASSERET (Lorraine), François PATRIAT (Bourgogne) sont eux présidents de région et sénateurs.

 

Source : Lefigaro.fr – Samuel Potier – Le 11 septembre 2009