Le coup de pouce de l’Elysée à un conseiller régional UMP

de | 2010-04-23

Le coup de pouce de l'Elysée à un conseiller régional UMP - image  on http://www.billelouadah.fr Bruno Beschizza, tête de liste UMP aux régionales en Seine-Saint-Denis, doit quitter ses fonctions de commandant de police pour pouvoir siéger au conseil régional. Il pourrait être nommé sous-préfet hors cadre.

 

Il faut sauver le soldat Beschizza. Tel pourrait être le mot d'ordre lancé par l'Elysée au moment où l'élection du conseiller régional d'Ile-de-France est menacée d'invalidité. Lors de la campagne des régionales, le parachutage de Bruno Beschizza, policier et secrétaire général du syndicat Synergie, à la tête de la liste UMP de Seine-Saint-Denis avait été critiqué à gauche comme au sein de la majorité.

  

Aujourd'hui élu, Bruno Beschizza doit faire face à de nouvelles difficultés. Car l'exercice de son mandat est en contradiction avec le code électoral, qui stipule que «ne peuvent être élus membres du conseil régional» «les fonctionnaires des corps actifs de police» qui n'ont pas exercé leur fonction pendant au moins six mois dans le département. Or Bruno Beschizza n'a jamais officié en Seine-Saint-Denis et ne devrait donc pas pouvoir siéger au conseil régional.

   

L'Elysée essaie donc de régler le problème. Selon le journal Le Monde, la présidence a demandé au ministère de l'Intérieur de faire le nécessaire pour pallier cette situation gênante. La place Beauvau a d'abord proposé de faire de Beschizza un attaché d'administration centrale, fonction qui peut être effectuée dans un ministère et qui n'est pas incompatible avec l'exercice d'un mandat régional.

   

Mais cette possibilité a été écartée au profit d'une autre, plus prestigieuse : un poste de sous-préfet. Là encore, le code électoral est venu jouer les trouble-fêtes. La loi interdit en effet aux sous-préfets de siéger au conseil régional «dans le département où ils exercent (…) leur fonction depuis moins d'une année». La dernière solution en date privilégiée par l'Elysée serait donc de nommer Bruno Beschizza préfet hors-cadre, sans affectation territoriale.

  

L'exemple de Christian Lambert

   

Une manœuvre que l'intéressé assume pleinement, tout en précisant qu'il ne s'agit pas d'un «marchandage». «Mon élection signifie pour moi un changement de situation, explique-t-il prudemment au Figaro.fr. Au mois de mai, je vais donc rendre mon mandat de syndicaliste. Et dans l'administration, les indices qui correspondent à l'échelon d'un commandant de police sont ceux d'un sous-préfet».

  

Et de citer l'exemple de Patrice Bergougnoux, commandant de police nommé préfet hors-cadre en 1989 par le socialiste Pierre Joxe, alors ministre de l'Intérieur. A la question de savoir si cette passerelle était préméditée, Beschizza élude : «Pendant la campagne, nous étions dans une logique différente. La priorité était de se faire élire…» Elle est désormais pour lui de pouvoir conserver son mandat.  

  

Pour y parvenir, pas question de perdre de temps. Car officiellement, les élus ont un mois à partir de l'élection pour régulariser leur situation, sous peine d'être considéré comme démissionnaire. Dans le cas du scrutin du 21 mars, le délai devait donc expirer ce mercredi 21 avril. Et si, selon Le Monde, le projet de décret de nomination de Bruno Beschizza a déjà été signé par Brice Hortefeux et François Fillon, Nicolas Sarkozy ne l'a à ce jour toujours pas validé.

   

Là encore, une solution semble avoir été trouvée. «Un recours contre l'élection a été déposé devant le Conseil d'Etat. Il suspend le délai d'un mois», révèle un proche de Valérie Pécresse, tout en précisant que l'action n'avait pas été lancée par la ministre et présidente groupe UMP au conseil régional. Et, comme le rappelle le code électoral, «le conseiller régional dont l'élection est contestée reste en fonction jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur la réclamation».

  

Une période de répit qui devrait permettre à Bruno Beschizza de régulariser sa situation et de faire son entrée de manière significative dans l'appareil d'Etat. Une trajectoire qui n'est pas sans rappeler celle de Christian Lambert, un ancien chef du Raid qui a pris mardi ses fonctions de préfet de Seine-Saint-Denis. Sous le regard bienveillant de Nicolas Sarkozy.

  

Source : Le Figaro – Jim Jarassé – Le 22 avril 2010

Une réflexion au sujet de « Le coup de pouce de l’Elysée à un conseiller régional UMP »

  1. pierre martin

    Pathétique…
    Quand reverra-t-on Bruno Beschizza en Seine-Saint-Denis?
    Est-il représentatif de la population du département?
    Qu’incarne-t-il? Un syndicaliste policier devenu sous-préfet… par la volonté du père.

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