« Le conseil général de la Seine-Saint-Denis lance Barto TV ! »

de | 2009-11-23

Polémique sur l’argent reçu par France 3 : "Le conseil général de la Seine-Saint-Denis lance Barto TV !"

  

L’annonce en forme de boutade émane du groupe d’opposition UMP-Parti Radical-NC-DVD du conseil général, qui s’est inquiété hier du « problème déontologique » posé par une convention liant le département à France 3 Paris-Ile-de-France.

   

Votée en commission permanente, elle prévoit que le département cofinance, à hauteur de 50 000 €, l’installation d’un bureau d’information de proximité (BIP) de la chaîne de télévision régionale qui s’implantera en avril à Bobigny.

  

Deux journalistes y seront installés à plein temps et réaliseront, selon les termes de la convention, « au moins 100 reportages par an sur des faits d’actualité du département » pour les journaux de la chaîne de service public. 
     

Le 93 n’est pas la seule collectivité à mettre la main à la poche puisque la région et la ville de Bobigny participeront au financement du bureau de Bobigny, qui coûtera 150 000 au total. Une méthode déjà utilisée lors de la création des BIP de Melun (Seine-et-Marne) en 2005 et Cergy (Val-d’Oise) en 2007. 

 

« Ces bureaux, qui pourront servir à d’autres chaînes de télévision pour envoyer rapidement des images, participent à l’aménagement du territoire », justifie Marc Meimon, directeur régional adjoint de France 3 Paris-Ile-de-France-Centre.

Quid des 100 reportages ? « C’est une appréciation statistique et en aucun cas une contrainte. On conserve la complète et totale liberté éditoriale », assure le responsable.

  

Le président du conseil général, Claude Bartolone, juge la polémique dérisoire. « C’est une drôle de conception de l’audiovisuel que de penser que l’information s’achète. Et une insulte aux journalistes. »

« Ce serait plus clair, si la redevance seule finançait ces bureaux »

Du côté du Syndicat national des journalistes (SNJ) de France 3 Ile-de-France, on se veut également rassurant sur l’indépendance des journalistes « qui n’iront pas tous les matins chercher leurs infos au conseil général ».

   

Le syndicat juge néanmoins « regrettable » le financement de ces bureaux de proximité par les collectivités, quelle que soit leur couleur politique. « Ce serait plus clair si la redevance les finançait en totalité : on ne pourrait pas être soupçonné de ce type d’accointances. »

  

Source : Le Parisien - Le 20 novembre 2009