Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical : « L’hypothèse Borloo »

de | 2010-09-22

Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical : «  Jean-Louis Borloo est très lucide sur le fait qu’on ne peut être candidat pour Matignon. A fortiori, on l’est encore moins pour un portefeuille ministériel. » Ce sage constat, Laurent Hénart le tire de sa propre expérience. De son passage dans le gouvernement Raffarin III en 2004, l’ex-secrétaire d’Etat à l’Insertion professionnelle des jeunes a retenu l’extrême fragilité du statut de ministre. Débarqué parfois avec la même soudaineté que l’on a été nommé, il convient entretemps d’imprimer sa marque…
Un petit coucou et puis s’en va !

Lui a su rebondir. A l’exception, bien sûr, de sa gamelle aux régionales. L’adjoint au maire de Nancy a repris, depuis 2005, ses navettes à l’Assemblée nationale. Sans pour autant lâcher la proximité d’avec Borloo qu’il seconde dans la gestion du Parti radical (valoisien) que préside l’actuel ministre de l’Ecologie.

Pariant sur une disparition, à plus ou moins brève échéance, de Bayrou des écrans radars, la famille radicale veut s’imposer comme pivot de la nouvelle alliance centriste. En clair, constituer la seconde jambe du sarkozysme dans la perspective de 2012. «  On est de plus en plus dans une logique de confrontation bloc contre bloc, entre le PS et la gauche dure et, de l’autre côté, une aile droite conservatrice qui se fait entendre. Et il y a tous ceux qui ne trouvent pas leur place dans cette logique binaire », analyse Hénart.

Un message martelé lors des journées de Lyon du Parti radical et reçu cinq sur cinq par le chef de l’Etat. Lequel ne manque plus une occasion de flatter tous ceux susceptibles de contrecarrer la détermination d’Hervé Morin, patron du Nouveau Centre, de courir sous ses propres couleurs en 2012. D’où la récurrence de l’hypothèse Borloo à Matignon… Quant à Hénart, il juge, au diapason avec l’Elysée, que Morin n’est pas l’homme de la situation : «  Il n’est pas suffisamment connu et puis il est marqué à droite, pas vraiment centriste. »

Pour le Nancéien, seul un remaniement de grande ampleur aura du sens : «  Au lendemain d’une crise sans précédent il ne faut laisser personne au bord du chemin, assurer la cohésion sociale à travers la lutte contre le chômage. » Un prélude à 2012, en somme.

Source : Le Républicain Lorrain – Xavier BROUET – Le 22 septembre 2010