La réunion des centres, menu du dîner républicain de Jean-Louis Borloo

de | 2010-12-09

La réunion des centres, menu du dîner républicain de Jean-Louis Borloo - image  on http://www.billelouadah.fr Jean-Louis Borloo fait sa rentrée jeudi soir à Paris devant 800 personnes et va prononcer son premier discours depuis son départ du gouvernement le 15 novembre.

Depuis le remaniement et sa sortie du gouvernement, Jean-Louis Borloo s'est tenu au silence. Mais pas à l'inaction. Si l'ancien ministre de l'Environnementa été longuement reçu par l'Elysée, il a également beaucoup consulté. Allant à la rencontre de ses amis, qu'il réunit pour coordonner les centres, ou du président du Nouveau Centre Hervé Morin. De ses intentions, cependant, il n'a dit mot. Jusqu'à mercredi.

Le président du Parti radical sera, jeudi soir, à l'occasion du 105e anniversaire de la loi sur la laïcité, le héros d'un grand dîner républicain aux Salons de l'Aveyron à Paris. Occasion pour lui de reprendre la parole devant plus de 800 personnes. «Il y a six cents places assises, mais d'autres ne viendront que pour le discours, explique son entourage. On a même demandé à certains de nos amis de ne pas participer au dîner et de se contenter d'un buffet pour libérer des places.» Et la liste des invités est impressionnante. Beaucoup de politiques, à commencer par ses collègues remerciés du gouvernement Fillon, Bernard Kouchner, Rama Yade, Fadela Amara, Valérie Létard, Marc-Philippe Daubresse et Jean-Marie Bockel. L'ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement devrait côtoyer le conseiller de l'Élysée Henri Guaino, Arnaud Montebourg et Bernard Tapie dîner en compagnie de Gérard Larcher.

Un rendez-vous prévu de longue date

Les politiques retrouveront aussi, à la table d'honneur, des représentants des communautés religieuses de France, des obédiences maçonniques – très influentes au Parti radical -, des corps intermédiaires et des syndicats, des associations et ONG travaillant en faveur de l'intégration, de l'environnement, de la cause des femmes…

«Ce dîner était prévu de longue date, bien avant le remaniement», assure-t-on au Parti radical, la puissance invitante. Mais le tour qu'il prend aujourd'hui signe la marque Borloo. «Il s'est occupé personnellement d'un grand nombre d'invitations, explique le premier vice-président du parti Serge Lepeltier. Beaucoup de personnalités, notamment politiques, viennent à titre personnel, parce que Jean-Louis, qui a tissé depuis des années des liens dans toutes les franges de la société, leur a demandé de participer à ce grand dîner républicain.»

Pas question cependant que la manifestation se transforme en «comité de soutien». «Il s'agit moins d'une démonstration de force que d'une démonstration d'influence», estime Lepeltier. «La République et la laïcité seront les seuls gagnants de cette soirée», assurent encore les proches de l'ancien ministre.

«Discours prospectif» 

Difficile cependant d'imaginer qu'une ovation ne lui sera pas réservée quand Borloo fera son entrée en dernier, alors que tout le monde aura pris place, et quand il traversera la salle sur fond de musique avant de prendre la parole. Exposera-t-il sa vision du centre et son plan pour réorganiser une famille politique explosée depuis 15 ans? Pas forcément. «Ce sera davantage un discours prospectif que politique», confie son entourage. «Une affirmation des valeurs de la République, celles que le Parti radical a toujours défendues au moment où la crise sociale et économique se double de graves divisions politiques.»

Et au Parti radical, on se plaît à souligner combien Jean-Louis Borloo compte dans cette équation. «De la cohésion sociale à l'environnement, en passant par la rénovation urbaine, sa vision et les politiques qu'il a menées ont toujours transcendé les questions de droite ou de gauche», assure Serge Lepeltier. Des valeurs du centre, alors? «Le centre peut s'y retrouver», concède-t-il.

Car c'est bien l'un des enjeux pour Jean-Louis Borloo d'ici à 2012: le patron du Parti radical pourra-t-il réunir la famille centriste sous un même toit? Voire derrière une même candidature à la présidentielle? Ce soir, en tout cas, ce sera sans François Bayrou et Hervé Morin, les frères ennemis de l'ancienne UDF.

Source : Le Figaro – Jean-Baptiste Garat – Le 8 décembre 2010