Jean-René Lecerf (UMP) réticent au débat sur la Laïcité : « Une de nos pires tares, c’est l’ignorance… »

de | 2011-04-03

Jean-René Lecerf (UMP) réticent au débat sur la Laïcité : Puisque le débat se fera, Jean-René Lecerf souhaite qu'on en finisse au plus vite. Un débat mal posé, selon lui, et dans un mauvais calendrier. Il dit comprendre que, dans ces conditions, les Français musulmans se sentent stigmatisés.
  
Pendant la campagne des cantonales, il assure n'avoir jamais été interpellé sur le sujet. « Personne, sur le terrain, ne nous a parlé d'islam ou de laïcité », constate Jean-René Lecerf, sénateur UMP du Nord, qui liste les questions qui, elles, sont revenues dans le débat : pouvoir d'achat, éducation, emploi, circulation, hausse des prix de l'énergie et des carburants, discrimination à l'embauche…
  
Puisque le président de la République a décidé, malgré les réticences ou les franches oppositions au sein même de la majorité présidentielle, de maintenir le débat, « alors, allons-y, mais il ne faut pas que ça traîne ».
 
Si, sur le fond, « il est intéressant de s'interroger sur la manière de vivre sa religion dans le respect des valeurs républicaines », le sénateur trouve le calendrier fort mal à propos. « On sort d'une élection où le Front national a fait les scores que l'on sait… »
  
Il dit comprendre le sentiment de ces musulmans qui se sentent stigmatisés par ce débat, la manière dont il est posé et les polémiques qu'il suscite : « Cela prouve qu'il a été mal introduit. » Jean-René Lecerf se souvient de l'époque où il était maire de Marcq-en-Baroeul.
 
« Il fallait créer un lieu de culte pour les musulmans dans la ville. Ça n'a pas posé de vrai problème. Les maires peuvent trouver des solutions pour aider à l'aménagement de ces lieux de culte et je rappelle que, pour les églises construites avant 1905, ce sont les municipalités qui financent travaux et entretien. On met cent fois plus d'argent public dans les lieux de culte catholiques que musulmans. »
  
Sur le fond, il estime que « ces questions se règlent mieux au niveau local, et au quotidien, que dans un débat tel qu'il se prépare ». Spécialiste des questions pénitentiaires, il observe qu'avant que l'on se penche sur celle des imams intervenant en prison, « on avait des problèmes car rien n'était encadré. Grâce au Conseil français du culte musulman, mis en place par Nicolas Sarkozy, on a désormais des imams qui parlent français, qui connaissent véritablement l'islam et ont une conception modérée de l'islam de France ».
   
Lui qui se dit satisfait de la loi sur l'interdiction du voile à l'école, qui approuve l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public, dit aussi qu'« une de nos pires tares, c'est l'ignorance ».
Et il plaide pour un véritable enseignement des religions, de toutes les religions, à l'école.
 
Source : Nord éclair – Florence Trollé – Le 3 avril 2011