Jean-Louis Borloo, un pas après l’autre

de | 2011-06-01

Jean-Louis Borloo, un pas après l’autre - image  on http://www.billelouadah.fr Anzin (Nord), Hier. Jean-Louis Borloo pense à 2012 : le président du Parti radical a expliqué qu’il se préparait « mentalement et physiquement » à être candidat à l’élection présidentielle.

Avancer par touches successives pour ne pas affronter directement l’Elysée tout en s’organisant en coulisses, c’est la tactique qu’observe depuis quelques semaines Jean-Louis Borloo. Dans « la Voix du Nord », hier, le président du Parti radical a expliqué qu’il se préparait « mentalement et physiquement » à être candidat à l’élection présidentielle, précisant même que s’il y allait, ce serait « pour gagner ».

Mais il n’a pas non plus dévoilé clairement ses intentions. Un pas après l’autre.

Pour être fixé, il faudra encore attendre entre « l’été et l’automne ». Pour ses amis, toutefois, sa candidature relève du secret de Polichinelle. « Nous sommes même obligés de le freiner! » confie un de ses proches, le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), Jean-Christophe Lagarde, convaincu que Borloo n’est plus dans le « peut-être », mais qu’il est résolu à être candidat. Insensible aux manœuvres déployées par l’Elysée et l’UMP pour décourager ses partisans et le dissuader de se présenter, Jean-Louis Borloo s’organise. Notamment sur le plan financier.

Lundi soir, il a rencontré à l’Assemblée nationale le patron de l’UMP, Jean-François Copé. Objectif : tenter de récupérer le million d’euros que le parti majoritaire doit au Parti radical. Pour l’instant, Copé s’y refuse au motif que Borloo a choisi de prendre son indépendance. Un chantage qui n’effraie pas le député de Valenciennes. « Ce n’est pas un problème dans ma tête », affirme-t-il. Ses proches veulent croire que l’UMP finira par payer. « Ils n’ont pas envie de voir les huissiers rue La Boétie, ça ferait mauvais genre », relève Dominique Paillé. Et puis les autres membres de la future confédération des centres, qui soutiendra sa candidature, ont quelques économies : 2,2 M€ de budget annuel pour le Nouveau Centre ; 500000 € pour la Gauche moderne.

Sur le plan des idées aussi, Borloo avance. Hier, il a reçu, place de Valois, l’ancien secrétaire général de l’Elysée et époux de Claude Chirac, Frédéric Salat-Baroux, qui devrait s’occuper du projet. « Je l’aime beaucoup et nous sommes très proches. Je le consulte souvent, comme des tas d’autres gens », feint de banaliser le député du Nord. Mais ce coup de main d’un chiraquien a tout pour irriter l’Elysée.

Source : Le Parisien – Martine Chevalet – Le 1er juin 2011