Jean-Louis Borloo prépare l’après-remaniement

de | 2010-11-11

Jean-Louis Borloo prépare l'après-remaniement - image  on http://www.billelouadah.fr «Aucun d'entre nous n'a la moindre information ou orientation» du président, a insisté mercredi Jean-Louis Borloo.
Crédits photo : J-C MARMARA/Le Figaro
  

Ses amis l'encouragent à faire exister la sensibilité centriste au sein de l'UMP

Jean-Louis Borloo prépare l'après-remaniement - image coeur- on http://www.billelouadah.fr

Il n'est jamais là où on l'attend. Les caméras guettaient son arrivée par le couloir. C'est par le jardin de son ministère – et avec une demi-heure de retard – que Jean-Louis Borloo est entré mercredi dans la salle de presse pour sa conférence sur le volet transports du Grenelle de l'environnement. Certes, il a bien été question du projet de ligne Sud Europe Atlantique, du canal Seine-Nord Europe, de partenariat public-privé, etc. Mais surtout de Matignon. Sourire de circonstance aux lèvres, Jean-Louis Borloo a démenti les propos que certains de ses proches lui prêtent. Non, la course pour Matignon n'est pas finie pour lui: «Aucun d'entre nous n'a la moindre information ou orientation» du président, a-t-il assuré.

Méchante humeur

Entouré de son secrétaire d'État aux Transports Dominique Bussereau et de sa «petite sœur» Valérie Létard qui n'ont eu de cesse de témoigner leur affection à leur ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo a ajouté: «J'ai l'impression d'avoir assisté à une autre réunion», en évoquant des propos «qu'aucun d'entre nous n'a tenus ni entendus». «Tous les participants ont démenti. Tous», a-t-il encore dit.

Mercredi matin, sur RTL, l'ancien eurodéputé centriste Jean-Louis Bourlanges a toutefois admis que l'«intelligent» Jean-Louis Borloo sait que sa nomination est «beaucoup moins probable» et qu'«il en avait pris acte».

L'affaire a, en tout cas, mis Borloo de très méchante humeur. Au Conseil des ministres, mercredi matin, face à un président «plutôt détendu», «il faisait vraiment la tête», raconte un participant. «Il était très sombre», assure un autre. Sur les bancs du gouvernement, l'après-midi à l'Assemblée, le ministre des Relations avec le Parlement Henri de Raincourt séparait Jean-Louis Borloo et François Fillon alors que le ministre de l'Écologie et le premier ministre sont d'habitude assis à proximité, juste séparés par une travée.

Quoi qu'il arrive, «Nicolas Sarkozy fera tout pour le garder au gouvernement», assure un ministre. Même si l'affaire est compliquée. Avec l'entrée plus que probable d'Alain Juppé, Jean-Louis Borloo pourrait être relégué numéro trois du gouvernement. Une vexation de plus à faire passer. «De toute façon, il sera difficile pour lui de rester si Fillon est maintenu à Matignon», explique un collègue. Certains évoquent un «beau ministère régalien», comme le Quai d'Orsay ou la Justice, ou un nouveau «superministère» pour le convaincre de rester. «Borloo est entré dans la course pour Matignon parce que Sarkozy lui a donné des signes, tempère un autre. Lui promettre maintenant quoi que ce soit d'autre serait contre-productif. Il peut tout à fait claquer la porte?»

«Confédération des centres»

Où qu'il soit – Jean-Louis Borloo le répète à l'envi -, il poursuivra son travail de réorganisation du «pôle social de la majorité». Sous quelle forme? Yves Jégo estime qu'une «formation associée à l'UMP qui réunirait les Nouveau Centre, les exclus et les déçus du MoDem, les sociaux de l'UMP etc.» est envisageable «dans un premier temps».

Patron des députés NC, François Sauvadet réclame «une clarification politique»: «Je suis favorable à une confédération des centres. Mais peut-on le faire avec un Parti radical, membre de l'UMP?» Le député de Côte-d'or souhaite qu'Hervé Morin, président du NC, et Jean-Louis Borloo «se voient rapidement» pour rechercher un accord sur une candidature centriste en 2012.
 
Source : Le Figaro – Annre Rovan – Jean-Baptiste Garat – Le 11 novembre 2010