Jean-Louis Borloo (Parti Radical) décidé à quitter l’UMP pour porter un projet centriste

de | 2011-04-06

Jean-Louis Borloo (Parti Radical) décidé à quitter l'UMP pour porter un projet centriste - image  on http://www.billelouadah.fr Le patron du Parti radical devrait annoncer jeudi soir qu'il prend ses distances avec le parti présidentiel.
Et ne s'interdit pas de concourir à la présidentielle de 2012

Cette fois, sa décision est prise. « Et il serait étonnant qu'il fasse machine arrière », assure l'un de ses proches. Jean-Louis Borloo, le patron du Parti radical, jusque-là adossé à l'UMP, devrait annoncer jeudi soir dans « A vous de juger », sur France 2, son souhait de quitter le parti présidentiel. Sans attendre le congrès du Parti radical, les 14 et 15 mai prochains. « L'affaire est tranchée », confie le ministre centriste de la Ville, Maurice Leroy. Une telle décision inquiète une majorité déjà amoindrie par le départ de Dominique de Villepin. « L'UMP a besoin de Jean-Louis Borloo (…) Ce serait une très grande perte », a déclaré jeudi le chef de file de l'UMP, Jean-François Copé.

Déjà plusieurs semaines que cela dure, que Jean-Louis Borloo joue sa partition solo, en désaccord mineur, désormais majeur avec la majorité présidentielle. De sa critique, vive, contre le débat sur la laïcité au retrait, médiatisé, de l'extension de la déchéance de nationalité par ses amis députés. Sans oublier son appel à « faire barrage au FN » quitte à « voter PS » au second tour des cantonales. « Il souhaite apparaître comme une alternative à une UMP sécuritaire », indique son entourage.

Un teasing intelligent

Le chef de l'Etat, qui l'avait convié mardi dans la Somme, a bien tenté de l'amadouer. En vain, semble-t-il. « Dieu sait si Sarkozy a essayé de le rattraper par tous les moyens, mais ce serait faire injure à Jean-Louis de penser que la pression de l'Elysée pourrait l'arrêter », insiste un fidèle lieutenant. « Il fait un teasing intelligent et a quitté le gouvernement, habilement, sans casser la vaisselle », souligne le député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde.

Les résultats des cantonales ont accéléré les choses. Avec, en filigrane, la seule question de taille, celle d'une candidature à la présidentielle. N'en déplaise à l'UMP, affolée par la myriade de candidatures potentielles, risquées pour Nicolas Sarkozy, qui selon les sondages récents pourrait être privé de second tour.

« Borloo n'est pas un irresponsable et il est loyal envers la majorité », prévient toutefois Maurice Leroy, avant d'ajouter : « Il n'est pas de ceux qui ont envie d'être président depuis le biberon jusqu'à leur mort, mais cela ne signifie pas qu'il n'ait pas pour autant envie d'y aller. » Un « remake » des atermoiements de Dominique Strauss-Kahn ? « DSK, ça fait trois ans que ça dure, Borloo, lui, aura tranché d'ici à six mois au plus tard », assure Maurice Leroy.

Une confédération des centres en gestation

  Pour l'heure, Laurent Hénart, député radical de Meurthe-et-Moselle et bras droit de Jean-Louis Borloo, arpente les antichambres médiatiques de l'Assemblée pour faire entendre la petite musique de son patron. « Entre une gauche exsangue et une droite qui se droitise, il y a un large espace pour une grande famille centriste », espère l'ancienne secrétaire d'Etat Nouveau Centre Valérie Létard, alliée de toujours de Jean-Louis Borloo.

Celui qui fut il y a encore six mois « matignonable » –« la blessure est pansée », dit un proche -, oeuvre à la future confédération des centres -de l'Alliance centriste, du sénateur Jean Arthuis, à la Gauche moderne, de Jean-Marie Bockel. Et à la constitution d'un groupe à l'Assemblée pour les législatives de 2012.

Cavada las « des petits concours d'ego stériles »

Jean-Louis Borloo (Parti Radical) décidé à quitter l'UMP pour porter un projet centriste - image  on http://www.billelouadah.fr La confédération des centres, co-orchestrée par le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, et Jean-Louis Borloo, devrait être finalisée au plus tard début mai. Les deux hommes, qui se sont longuement parlé au lendemain des cantonales, entendent aller vite.
  
L'ancien ministre de la Défense, très à la peine dans les sondages, a déjà fait savoir qu'il s'effacerait devant Jean-Louis Borloo s'il le fallait dans la course à l'Elysée.

« Si Jean-Louis reprend le flambeau de la candidature à la présidentielle, cela va même soulager Morin », ironise un allié de l'ancien ministre de l'Ecologie.

Et ses nombreux partisans de louer les qualités de leur leader : « avec Jean-Louis, on peut entrer dans le temps de l'espérance », s'enthousiasme déjà Rama Yade, prompte à plancher sur son futur programme présidentiel.

« L'urgence, c'est la confédération », insiste cependant le vice-président du Nouveau Centre, Jean-Marie Cavada, las « des petits concours d'ego stériles ».

Reste aussi le cas François Bayrou, central pour des centristes qui font mine de ne pas y penser.

Source : Les Echos – Caroline Derrien – Le 6 avril 2011