Jean-Louis Borloo : l’enfant des situations de crise ?

de | 2011-06-22

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Jean-Louis Borloo toujours dans la logique des petits pas… Ce week-end il marquera une nouvelle étape vers son rassemblement du centre, l’Alliance. Jean-Louis Borloo envisage toujours sérieusement d’être candidat à la présidentielle. Il était l’invité de l’émission "Questions d’info" sur LCP, avec l’AFP et France Info.

Jean-Louis Borloo a établi son calendrier. Pendant tout l’été, il va travailler, réfléchir, à ce qui pourrait constituer son projet présidentiel, sa méthode, et son style. Il est convaincu d’être l’homme qui peut répondre à la situation de crise généralisée qui bouscule le pays. L’endettement angoisse les français. Cela fait partie de ses priorités : "L’occident a vécu à crédit depuis 20 ans. Il y a une spirale terrible des comptes publics. Faut que vous sachiez qu’en décembre, pour faire la paie des fonctionnaires, il a fallu faire un décret d’avance. Le budget n’avait pas prévu le mois de décembre. On est à 80% à peu près de déficit public, on va arriver à 90 d’ici deux ans, de la dette par rapport au PIB. Et on sait qu’à 90% on est dans l’irréversible. Revenir à l’équilibre des comptes publics est une absolue priorité."

En même temps, l’une des priorités de Jean-Louis Borloo, c’est l’éducation… Comment tenir ses comptes, et assurer un bon service éducatif national. Hé bien là, Jean-Louis Borloo peut se trouver en accord avec Nicolas Sarkozy : "je crois que la règle du non remplacement d’un départ à la retraite sur deux, comme affichage d’une prise de conscience d’une réorganisation de nos services publics, il fallait la prendre. Aujourd’hui il faut regarder fonction par fonction, le taux d’encadrement public nécessaire à chacune des fonctions. Et notamment en matière de justice, d’éducation, de sécurité, j’ai le sentiment qu’on est arrivé sur le dur."

La justice aussi, doit être revue de fond en comble, selon lui : "avons-nous besoin d’avoir les tribunaux de l’Etat, et les tribunaux des citoyens ? un Conseil d’Etat et une Cour de Cassation ? les tribunaux administratifs et les tribunaux civils ? qui compliquent considérablement les choses. Est-ce qu’il faut qu’il y ait une Cour de Cassation et un Conseil d’Etat, est-ce qu’on pourrait pas voir une Cour Suprême ? est-ce que les patrons de Cour d’Appel, les présidents, peuvent pas avoir une autonomie de gestion plus puissante ? il faut réorganiser tout le système. La bureautique, les prises de décision, les transactions. Il faut du temps pour remettre tout à plat, et des moyens."

Il faudra attendre la rentrée de septembre, pour connaître plus concrètement les solutions de Jean-Louis Borloo..
Mais la question que tout le monde se pose ne varie pas : sera-t-il candidat à la présidentielle ?

Oui, certains disent même qu’au final, Jean-Louis Borloo n’osera pas… il n’osera pas défier Nicolas Sarkozy. Sa réponse : "c’est extravagant. Parce que ce n’est pas un problème d’oser ou pas oser. Moi, le jour où je dirai, si je le dis, c’est-à-dire que j’estimerai que je serai parfaitement prêt et apte à exercer cette fonction avec un programme extrêmement précis, avec des équipes pour les incarner. Parce que la détermination, c’est pas aller sur les plateaux de télévision pour dire oui oui je veux y aller, je suis déterminé, ça se prépare."

Jean-Louis Borloo cite sans arrêt l’exemple du Valenciennois… une région en crise… qu’il estime avoir sortie de l’ornière… L’ancien ministre de l’écologie, de la rénovation urbaine et de l’emploi en est convaincu : aux yeux des Français, « il est l’enfant des situations de crise » … Ce qui revient à contester la stature présidentielle de Nicolas Sarkozy… l’homme qui a su réagir à la crise financière internationale… selon l’argumentaire de l’Elysée… Argumentaire qui n’accroche plus les Français… Jean-Louis Borloo en est convaincu… mais il le mesurera, et se décidera à l’automne, après les sénatoriales, avant ou après la primaire socialiste.

Source : france-info.com – Marie-Eve Malouines – Le 22 juin 2011