Jean-Louis Borloo (Parti Radical) : «Je parlerai après le deuxième tour»

de | 2011-03-25

Jean-Louis Borloo (Parti Radical) : «Je parlerai après le deuxième tour» - image  on http://www.billelouadah.fr Pour soutenir les trois candidats de Nancy : Valérie Levy-Jurin, Jérôme Marchand-Arvier et Patrick Baudot ainsi que Catherine Krier engagée dans un combat serré dans le canton de Seichamps, André Rossinot et Laurent Hénart ont fait appel aux troupes d’élite du parti radical : Jean-Louis Borloo et Rama Yade, dont le discours est aux antipodes de tous ceux qui à droite, Claude Guéant en tête, perdent les pédales.
 
Il faut voir Jean-Louis Borloo faire campagne. Il opère tambour battant, arpente le terrain, trouve toujours un bon mot, écoute et surtout n'a pas son pareil pour mettre en valeur les candidats auxquels il donne volontiers un coup de main. Une cohorte de journalistes parisiens ne le lâche pas d'une semelle. Tous sont à l'affût, ils guettent désespérément LA phrase, celle qui tournera en boucle sur les ondes. Dès que Jean-Louis Borloo engage la conversation avec un passant, les caméras entrent en action, les micros se tendent. Lui fait mine de ne rien voir mais se prête au jeu de bonne grâce. Un peu en retrait, Rama Yade observe mais ne reste pas muette. Pas son genre. Elle fait observer qu'après s'être démarqué de l'Elysée François Fillon est rentré dans le rang. De la manière dont elle le dit on comprend que c'est tout sauf un compliment. Et lorsqu'elle ajoute : «Quand on a l'extrême droite en face, ce n'est pas une question de politique, c'est une question de valeurs,» on mesure tout le bien qu'elle pense du « ni-ni, » présidentiel.
 
Pressé, harcelé de questions sur le même sujet, Jean-Louis Borloo rappelle qu'il s'est déjà exprimé sans la moindre ambigüité. Il se contente d'ajouter : «Je parlerai après le deuxième tour. Je ne veux pas alimenter la cacophonie ambiante.» Mais quand il explique qu'il faut rééditer le rapport d'André Rossinot sur la laïcité – le travail du maire de Nancy avait été réalisé à la demande de Nicolas Sarkozy- puis l'envoyer à chaque mairie, on devine qu'il adresse son meilleur souvenir à Claude Guéant, « un homme qui évoluait dans un cocon, mais ministre… je l'avais prévenu. »
 
S'il reste volontairement sur la réserve, Jean-Louis Borloo laisse les coudées franches à son bras droit Laurent Hénart qui n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour dessiner l'avenir. En quelques mots : « Il y a un espace pour le centre, » il pose vite fait bien fait, les jalons d'une candidature Borloo à la présidentielle.
 
Le programme se déroule sans trop tenir compte de l'horaire. Le président du parti Radical accorde du temps à chaque candidat et découvre au passage leur canton. Mine de rien il teste aussi sa popularité. On ne sait pas si elle dopera dimanche les scores des adjoints de territoire d'André Rossinot et de Catherine Krier, mais pour le futur d'un probable candidat à l'Elysée, c'est utile.

 
Source : lasemaine.fr – Pierre Taribo – Le 25 mars 2011