Jean-Louis Borloo et Jean Arthuis (UDI) souhaitent « réenchanter le projet européen »

de | 2013-02-08
Jean-Louis Borloo et Jean Arthuis (UDI) souhaitent

Jean-Louis Borloo et Jean Arthuis (UDI) souhaitent « réenchanter le projet européen »

 Le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo, inquiet de voir l’Europe jouer « le bouc-émissaire » des difficultés des pays membres, entend défendre avec son parti un grand dessein politique pour « réenchanter le projet européen ».

L’ancien ministre de l’Ecologie, qui a tenu mercredi une réunion de l’UDI sur l’Europe avec le sénateur Jean Arthuis en charge du dossier, s’est dit « frappé par le vent de désenchantement » qui touche l’Europe « comme si les étoiles de son drapeau étaient en train de pâlir ».

« L’Europe est devenue le bouc-émissaire de toutes les difficultés des pays membres et on en est à se demander si la crise éducative, la compétitivité, l’emploi… ne sont pas liés à la construction européenne », a constaté le leader centriste devant la presse parlementaire, en se disant « extrêmement inquiet » de cette situation.

Pour l’UDI, qui a fait de la construction d’une Europe fédérale l’un des fondements de son programme politique, il s’agit d’intervenir dans le débat public pour tenter de renverser la vapeur.

« On va faire une réunion hebdomadaire et un séminaire d’une journée dans trois semaines pour voir comment réenchanter le projet européen, faire la tournée des capitales pour proposer à nos partenaires les réformes nécessaires à une Europe politique intégrée », a annoncé Jean-Louis Borloo.

« Il faut un financement de l’Europe autonome, il faut un ministre des Finances qui travaille à plein temps pour coordonner la politique européenne, il faut une intégration politique », a martelé le député du Nord.

« Pour nous, l’un des sujets absolument majeurs, c’est la taxe carbone aux frontières ». M. Borloo pense qu’elle « peut représenter un financement européen considérable, de même que la taxe sur les transactions financières ».

Autre priorité pour lui, la nécessité pour l’Europe de se doter rapidement « d’une stratégie européenne » pour l’Afrique. »Les Asiatiques ont une stratégie majeure pour l’Afrique: sous-sol contre hôpitaux et infrastructures, l’Europe n’en a aucune », a-t-il regretté en se disant convaincu de l’enjeu majeur que représente le développement du continent africain pour les 30 ans à venir.

« Si Alain Peyrefitte vivait aujourd’hui, il écrirait +le jour où l’Afrique s’éveillera+ », a-t-il lancé en référence au titre du célèbre livre du ministre du général de Gaulle sur l’éveil de la Chine paru en 1973. »Le sujet du relais de croissance majeur pour l’Europe, c’est l’Afrique qui est à 17 km (Gibraltar-Tanger). Et la première direction de la Commission devrait être de bâtir une stratégie Europe-Afrique car ce sujet est vital », a-t-il insisté.

Source : AFP – Le 6 février 2013