Jean-Louis Borloo (ARES – Parti Radical) : « Ma conviction, c’est que je peux gagner »

de | 2011-07-11

Jean-Louis Borloo (ARES - Parti Radical) :

Jean-Louis Borloo, cofondateur d'une alliance des centres, se confie à Metro. Il fait un pas de plus vers une candidature à la présidentielle. Photo : Nicolas Richoffer/ Metro

Quels seront les grands axes de votre projet ?
Je suis convaincu que la question prioritaire, absolue, est celle de l'éducation. La France s'est bâtie sur l'école de la République, sur le progrès, le mérite, et pour moi c'est là que tout se joue. On ne peut plus laisser 20 à 25% d'une classe d'âge hors jeu dès l'école primaire. Il faut organiser l'accompagnement des enfants en difficulté. Je veux aussi des grandes écoles où la sélection ne se fasse plus sur des critères strictement académiques, et faire une révolution de l'alternance, avec un recrutement massif par cette voie dans la Fonction publique, pour sortir de l'idée qu'on fait des études théoriques et qu'ensuite la marche pour accéder au monde du travail est infranchissable. Nous ferons également des propositions très précises pour un certain nombre d’adultes qui ont besoin d'acquérir des savoirs fondamentaux.

L'objectif, c'est de peser ou d'accéder au second tour ?
Ma conviction, c'est que je peux gagner. Je ne joue pas aux matamores, je pense en mon âme et conscience que le temps du respect de l'autre, de la mobilisation de toute la société française sur trois ou quatre projets vitaux est venu. Et je pense que c'est de notre nouvelle formation politique, modérée, d'équilibre, dont nous avons besoin en 2012 pour la France. Il ne s'agit pas de faire une candidature de complément. Nous apportons une vision, des méthodes, des équipes. Entre l'UMP qui s'est droitisée et le PS allié au Front de gauche, nous allons apporter une vraie bouffée d’oxygène à la vie politique française.

Si vous êtes candidat, vous serez plus offensif vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ?
Je n'ai pas à l'être, c'est aux Français que je m'adresse. Je serai offensif dans les propositions et sur la méthode, qui sera complètement "grenellienne" : on réfléchira aux solutions ensemble avec les différents acteurs de la société française, avec des regards différents, croisés, et ensuite je prendrai mes responsabilités dans la décision. Je veux par exemple organiser un Grenelle des grandes filières professionnelles françaises, pour les adapter à la nouvelle réalité économique.

Hervé Morin n'écarte plus l'idée de primaires pour vous départager…
Il a ouvert la porte à cette idée sans vraiment l'ouvrir, en rapportant les propos de certains de ses amis, et l'a aussitôt refermée, en redisant que c'était une bêtise. Je ne vais pas commenter cela. On n'aura aucun problème pour s'entendre. De toute façon les Français se fichent de ces questions. Tout ça n'a aucun sens par rapport aux enjeux.

La volonté de François Bayrou de se présenter ne fait pas de doute. Il y a la place pour deux candidatures centristes ?
Que chacun fasse ses propositions. Moi, je serai le candidat de tous les Français. Je n'occupe pas un espace, je suis fabriqué comme ça : je suis la gauche de la droite, je défends une écologie positive, je veux réussir les mutations pour notre pays et les français, en m’occupant entre autres des banlieues, de l'emploi et du logement. J’ai une ambition, une vision pragmatique pour la France, loin des sectarismes partisans.

Source : Metro France – Le 10 juillet 2011