Jean-Louis Borloo à Valenciennes cherche de l’inspiration pour la France

de | 2011-02-01

Jean-Louis Borloo à Valenciennes cherche de l'inspiration pour la France - image  on http://www.billelouadah.fr L'ancien ministre de l'Écologie se ressourçait vendredi sur ses terres électorales. Jean-Louis Borloo à Valenciennes cherche de l'inspiration pour la France - image coeur- on http://www.billelouadah.fr

La visite a mis en émoi tout le Valenciennois. Deux mois et demi après sa sortie du gouvernement, le 14 novembre, le député Jean-Louis Borloo était vendredi de retour sur ses terres. À l'université, il est venu défendre le projet d'Institut de recherche technologique sur les infrastructures ferroviaires. Et autour de l'ancien ministre de l'Écologie avait pris place tout l'«arc-en-ciel» politique du Nord, du maire radical de Valenciennes, Dominique Riquet, à la sénatrice centriste Valérie Létard, en passant par les présidents de région et de département socialistes Daniel Percheron et Bernard Derosier. «Nous avons réussi le meilleur mercato du gouvernement, lance sans ambages Daniel Percheron à son arrivée. Avec lui, on a récupéré le meilleur numéro 10 du monde pour le Nord-Pas-de-Calais.»

Le compliment de son «vieux complice» fait rosir de plaisir Jean-Louis Borloo. «Vous savez, le numéro 10, c'est plus qu'une expression. C'est l'organisateur du jeu, le distributeur de balles», explique en connaisseur l'ancien président du Valenciennes FC. Pour lui, c'est bien sûr le résumé de sa méthode. Celle qu'il a mise en place à Valenciennes, il y a vingt ans, «en réunissant tout le monde autour de la table». Celle qu'il a adoptée quand il est devenu ministre : «L'Anru, le plan de cohésion sociale, le Grenelle de l'environnement, ce sont les enfants de Valenciennes, explique-t-il. Tout ce que j'ai fait depuis dix ans, je l'ai fait parce qu'il y a eu Valenciennes.»

Si Borloo retourne aujourd'hui sur ses terres, après avoir quitté le gouvernement, c'est aussi pour retrouver la source de son action politique. Jean-Louis Borloo a fait son choix cet automne: «“Qu'est ce que tu fais?, me suis-je demandé. Est-ce que tu passes encore dix-huit mois dans des ministères prestigieux? - et on m'a tout proposé - ou est-ce que tu essaies de réfléchir à un projet, comme Valenciennes il y a vingt ans, un projet de redressement national?”» Choisir cette dernière voie l'a obligé à décliner toutes les offres de Nicolas Sarkozy. «C'est difficile de dire non à quelqu'un pour qui vous avez de l'estime, explique aujourd'hui Borloo. Il faut avoir un chemin de projet très fort.»

Un projet d'abord, tout le reste n'étant «pas prioritaire». Qu'Hervé Morin et Jean Arthuis aient lancé jeudi une confédération des centres est «très bien» lâche Borloo dans un soupir. «Ce n'est pas parce que vous réunissez 15, 20 ou 40 personnes que vous avez un cap. Ce n'est pas l'enjeu principal, c'est juste une modalité.»

«Ne pas me tromper» 

Le président du Parti radical poursuivra donc à son rythme: la coordination des centres se réunira le 8 février et son parti devra décider, au mois de mai, s'il quitte l'UMP pour rejoindre une nouvelle structure rassemblant les centristes. «Cela ne me prend pas beaucoup de temps», explique-t-il même, confiant dans le caractère «irrévocable» de la confédération. Les questions de personnalités ne lui importent pas plus: «Mon problème n'est pas la tête de gondole, c'est comment on met en mouvement la société», martèle-t-il.
  
Et quand André Rossinot, le président d'honneur du Parti radical, s'inquiète du «tourbillon médiatique des postures individuelles» qui souffle sur le centre, Jean-Louis Borloo explique que «c'est normal»: «Quand il faut changer de système, ça crée toujours des inquiétudes», explique-t-il, avant d'ajouter: «Avant de changer de lieu de vacances, avant de changer de maîtresse, il est normal d'y réfléchir à deux fois.» Borloo ne souhaite d'ailleurs pas autre chose en 2011.
 
«Ne pas me tromper» est la seule question. Cette confidence, lâchée dans un café, impose le silence à toute la tablée. Puis la troupe s'envole pour une cérémonie de vœux et laisse derrière elle ses doutes dans l'établissement baptisé Le Président.
 
Source : Le Figaro – Jean-Baptiste Garat – Le 28 janvier 2011