Jean-Louis Borloo a besoin d’encouragements

de | 2011-05-26

Jean-Louis Borloo a besoin d’encouragements - image  on http://www.billelouadah.fr Un dîner Borloo Morin Bockel Charrette, ce soir. A première vue, cette rencontre entre centristes n’a rien d’extraordinaire, mais c’est en fait la première fois que ces agapes ont lieu entre le quatuor centriste. Objectif, aider Jean-Louis Borloo a se décider pour la présidentielle. Marie-Eve Malouines

Il avait frappé très fort, à la télévision, le jour de son anniversaire, le 7 avril. Il y annonçait que son parti allait prendre son envol vis-à-vis de l’UMP. Quant à lui, même s’il ne l’avait pas dit, formellement, sa candidature paraissait évidente. C’était il y a presque deux mois. Et depuis, Jean-Louis Borloo donne le sentiment de tergiverser. Le parti radical s’est bien séparé de l’UMP. La confédération des centres est sur les rails. Après le Nouveau Centre d’Hervé Morin, la Convention Démocrate d’Hervé de Charrette, la gauche Moderne viendra rejoindre le mouvement samedi. Mais Jean-Louis Borloo n’est toujours pas candidat.

Et ses amis commencent à s’impatienter.

Ce qui les agace surtout, c’est le manque de stratégie bien élaborée, l’absence de calendrier bien précisé. « On est constamment dans l’improvisation » justifie l’un d’eux, qui aimerait une organisation un peu plus cartésienne des choses. Dans la même journée, Jean-Louis Borloo peut passer de la détermination totale à être candidat, aux doutes les plus profonds, alimentés notamment par le score du Front National.

Cette idée, que sa candidature pourrait pénaliser Nicolas Sarkozy est d’ailleurs savamment entretenue par le chef de l’Etat.

Nicolas Sarkozy est très attentif à Jean-Louis Borloo et ses amis. Il les reçoit régulièrement. Il alterne le chaud et le froid. Le glacial, même, pour l’un d’entre eux, donné ministrable, qui s’est permis d’arriver en retard à l’Elysée. Son rendez-vous, et ses espoirs d’entrer au gouvernement, ont été reporté sine die. A Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy fait miroiter un bail à Matignon. Mais agite vigoureusement la menace de la division mortifère à la présidentielle. Il s’agace, il est jaloux, d’une rencontre avec Dominique Strauss-Kahn. Il veut bien que Jean-Louis Borloo voit beaucoup de monde, histoire de rassembler les voix du centre, mais DSK !… Nicolas Sarkozy n’aimait pas trop. Mais c’était il y a plusieurs semaines.

Car aujourd’hui, le retrait de Dominique Strauss-Kahn ouvre une opportunité politique à Jean-Louis Borloo.

C’est aussi l’objet de ce dîner. Pour ceux qui croient en sa candidature, il faudrait accélérer le mouvement. Jean-Louis Borloo a annoncé qu’il se prononcerait entre l’été et l’automne, mais ce délai parait un peu trop long à certains. Il faudrait accélérer le calendrier, et commencer par l’établir. Etapes par étapes. C’est ce que plaident les plus résolus, qui notent la discrétion actuelle (un peu préoccupante) du ministre centriste Maurice Leroy, ou du secrétaire général adjoint, radical, Marc Philippe Daubresse. D’autres, centristes ou radicaux, seraient approchés, en vue d’un petit remaniement, en cas de départ de Christine Lagarde au FMI. Ce qui n’angoisserait pas outre mesure Jean-Louis Borloo. Il serait quand même prêt à effectuer un pas de plus vers la candidature. « Il est évident que les témoignages d’encouragements m’aident à forger ma décision » a assuré Jean-Louis Borloo la semaine dernière. Nul doute que l’organisation du dîner de ce soir, entre Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Hervé de Charrette et Jean Marie Bockel constitue un encouragement majeur de la part de ces amis.

Source : france-info.fr – Marie-Eve Malouines – Le 26 mai 2011