Jean-Louis Borloo : « Revisiter les idées reçues »

de | 2008-08-31

Jean-Louis Borloo :                          "À changements radicaux propositions radicales…"
Tel est le credo de Jean-Louis Borloo, qui laisse ce week-end ses habits de numéro deux du gouvernement pour présider l’université du Parti radical, ouverte hier soir à Montélimar. La formation dont il a pris les rênes il y a huit mois a beau être la plus ancienne de France, elle ne figure toujours pas dans la cour des grandes. Et devrait, de fait, souffrir pendant ces deux journées de la concurrence du PS sur lequel tous les feux sont braqués à La Rochelle. Mais le ministre de l’Écologie n’en a cure, soucieux d’abord de provoquer une véritable "confrontation d’idées" pour répondre aux questions majeures qui se posent aujourd’hui à l’échelon planétaire, et désireux ensuite de donner un nouvel élan à ce petit parti. Il nous l’a expliqué avant son départ pour la cité drômoise.
   
Entre le Parti Radical et l’UMP? "Une totale harmonie"
 

Pourquoi avoir choisi de vous engager à la tête du petit Parti radical alors que vous êtes un poids lourd du gouvernement? Souhaitez-vous ainsi vous démarquer de l’UMP comme le fait maintenant l’UDF?
Jean-Louis Borloo – Que les choses soient claires. Nous sommes dans la majorité présidentielle et nous nous comportons comme un allié loyal de l’UMP qui soutient notre démarche. On se sent dans une totale harmonie. Ce qui n’exclut pas, au contraire, la confrontation d’idées. Elle est indispensable à la démocratie. Mais on n’essaie pas de grandir par l’affirmation de postures… On veut penser différemment, c’est-à-dire revisiter un certain nombre d’idées reçues que la gauche et la droite définissent de manière trop classique. Nous, nous considérons que le débat entre le capitalisme sauvage et le collectivisme qui a dominé le XXe siècle est largement dépassé. On voit bien, notamment, que le capitalisme dans sa forme actuelle s’essouffle. Qu’il a parfois perdu le contrôle de ses mécanismes. Nous sommes confrontés à une succession de crises: financière, politique, énergétique, alimentaire… Chacune impacte la planète entière, et nous devons trouver des réponses originales. Celle du bonus-malus face à la rareté de l’énergie en est une. Le RSA qui réalise un compromis pour les plus faibles entre le travail et l’assistanat est même une révolution. C’est pourquoi nous avons aussi invité des personnalités d’horizons divers, dont le ministre de l’Environnement du Congo, l’économiste américain Jérémy Rifkin ou encore l’amabassadeur d’Agfhanistan en France. Ce n’est pas un hasard non plus si mes collègues Fadela Amara, Rama Yade, Martin Hirsch, Jean-Marie Bockel, ainsi qu’Henri Guaino, seront là…

Oui, mais comment faire exister le Parti radical quand la plupart des grands acteurs politiques, notamment vos collègues Eric Besson et Jean-Marie Bockel, ont créé eux aussi leur mouvement? Comptez-vous sur cette université d’été pour redynamiser le vôtre?
– Nous sommes davantage qu’un mouvement. Nous sommes un parti de grands élus locaux, comme le député-maire de Montélimar Franck Régnier. Ensemble, nous allons lancer un processus de 18 mois pour arriver à un nouveau manifeste radical pour le XXIe siècle. Notre objectif est de dépasser les 10 000 militants à la fin de l’année et 20 000 dans un an. Une campagne d’adhésion va être lancée. Nous allons aussi rénover notre site internet. Je crois aux valeurs radicales traditionnelles, la République, la laïcité, l’égalité des chances, mais aussi à la force des idées nouvelles quand le modèle occidental hoquette.
   
"Nous Présentons une force d’attraction réelle"
    
Même si vous parvenez à grandir, vous devrez chercher des rapprochements pour peser politiquement.. Allez-vous tenter d’attirer le centre?
C’est vrai que des UDF vont nous rejoindre ce week-end. Le centre est aussi occupé par le Modem, le Nouveau centre ou la Gauche moderne qui sont plus récents. Laissons chacun se poser. Nous avons aussi des contacts avec d’autres partis, à commencer par le Parti radical de gauche. D’ores et déjà, nous présentons une force d’attraction réelle. Concentrons-nous sur quelques propositions profondément radicales. Le reste viendra après.
   
Source : Ledauphine.com – Le 30 août 2008