J-L Borloo sème un caillou dans la chaussure UMP

de | 2011-03-05

J-L Borloo sème un caillou dans la chaussure UMP - image  on http://www.billelouadah.fr Les 20 députés radicaux de Jean-Louis Borloo et leurs 24 collègues du Nouveau Centre porteront le fer ensemble, mardi à l’Assemblée nationale, contre l’extension de déchéance de nationalité évoquée par Nicolas Sarkozy dans son discours sur la sécurité en juillet dernier à Grenoble (Isère).

Radicaux et centristes ont concocté cet amendement qui ressemble fort à un caillou dans la chaussure de l’UMP lors de la réunion de coordination du centre que Borloo réunit désormais tous les quinze jours.

Avec déjà une soixantaine de signataires, l’amendement — qui sera probalement soutenu par la gauche — a des chances de mettre à bas une disposition (rattachée au projet de loi sur l’immigration) qui a déclenché la polémique dans les rangs de la majorité. Le Sénat l’a déjà retoquée. Les radicaux, qui détestent cette idée de "citoyenneté conditionnelle" et de "Français à plusieurs vitesses", ont été rejoints par une trentaine de centristes de l’UMP, tels Pierre Méhaignerie, Jean Léonetti et Louis Giscard d’Estaing, qui vient lui-même de fédérer une dizaine de libéraux tempérés.

Opposé au durcissement de la déchéance de nationalité

L’entourage de Borloo se défend d’avoir voulu une démonstration de force parlementaire. Tout juste un avertissement. « Disons que c’est une attestation de présence », admet Laurent Hénart.
Ce dernier, secrétaire général du Parti radical, ne cache pas tout le mal qu’il pense du durcissement de la déchéance de nationalité que l’aile droite de l’UMP s’apprête à promouvoir, par un amendement de Christian Estrosi proposant d’inclure les multirécidivistes déjà condamnés à plus de trois ans an prison : « A chaque fois que l’aile sécuritaire de l’UMP s’affirmera, les Radicaux diront ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas ».

Les amis de Borloo n’apprécient pas non plus le débat de l’UMP sur l’islam et la laïcité.
« Il n’a pas lieu d’être, les choses sont déjà tranchées. C’est très simple : la sphère publique est neutre et ne peut être accaparée par aucune religion ! » martèle Laurent Hénart qui s’attend mardi à un débat « chaud » au Palais-Bourbon.

Source : Le Parisien – Martine Chevalet – Le 5 mars 2011