Jean-Louis Borloo : «La France occupe une position cruciale pour la paix»

de | 2008-08-27

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   Pour le ministre de l’Écologie, les questions environnementales sont des enjeux mondiaux qui conditionnent les relations entre nations. Crédits photo : Le Figaro 

LE FIGARO. Dans le contexte international tendu, la France parvient-elle à peser sur le cours des choses ?
Jean-Louis BORLOO. Nul ne peut nier que la France et l’Europe, grâce à Nicolas Sarkozy, sont devenus des acteurs majeurs du dialogue mondial.

En Géorgie, pourtant, rien n’est réglé…
Rien n’est réglé car la paix ne s’obtient pas en claquant des doigts. Mais il serait tout de même juste que les commentaires prennent la mesure de la situation. Nicolas Sarkozy a obtenu un cessez-le-feu. Ce n’est quand même pas une expression banale ou purement diplomatique. C’est une réalité. J’étais alors aux États-Unis et au Canada : je peux vous dire que de ce côté de l’Atlantique, cette démarche a été fortement saluée. D’ailleurs la presse américaine parle du « traité de paix Sarkozy ». Maintenant, que la tâche soit difficile, c’est une évidence. C’est son honneur de prendre le risque de s’exposer pour faire reculer le risque d’une guerre froide.

Toute présidence européenne n’aurait-elle pas déployé les mêmes efforts ?
Nicolas Sarkozy a une capacité personnelle à dire clairement les choses aux uns et aux autres. Son style tranche avec le discours diplomatique traditionnel. Tout cela crée une dynamique positive. Vous parlez de la Géorgie. Mais regardez aussi toutes les avancées obtenues ces derniers mois. La France peut être fière d’avoir favorisé au Liban le dialogue entre toutes les communautés et ainsi permis enfin l’élection d’un président et la mise en place d’un gouvernement. Et n’oublions pas l’extraordinaire rassemblement à Paris de quarante chefs d’État et de gouvernement autour de l’Union pour la Méditerranée, qui se construit autour de l’énergie, de l’eau et de la dépollution. Le processus lancé est irréversible. La France, aujourd’hui, occupe une position cruciale pour défendre la paix dans le monde.

Pourquoi le ministre de l’Écologie que vous êtes intervient-il sur ces questions de politique étrangère ?
Le ministre d’État, ministre de l’Écologie, est aussi le ministre de l’Énergie et du développement durable et aussi le président du Parti radical. Toutes ces questions sont des enjeux mondiaux et ont à voir directement avec la paix. On le voit en Géorgie et probablement à l’est de l’Europe : l’approvisionnement en matières premières est au cœur des analyses voire des risques du conflit. Au Proche-Orient, l’accès à l’eau est aussi une question centrale. Les accès à l’eau, à l’énergie, à la nourriture sont les premiers défis posés aujourd’hui à la planète. Ce n’est pas un hasard si c’est autour de ces questions que se créent les tensions internationales, que naissent les risques de conflit, voire de terrorisme. Le temps est fini où il y avait d’un côté la politique étrangère, purement diplomatique et militaire, et de l’autre la politique économique ou encore la politique environnementale. Aujourd’hui, cela forme un tout. La France exprime cela sans doute mieux que d’autres.

Concrètement, de quels leviers la France dispose-t-elle pour agir en ce sens ?
C’est tout l’enjeu du paquet « climat énergie » qui est la priorité de la présidence française de l’Union européenne. C’est un impératif pour tous les pays de réduire leurs besoins énergétiques. Même les pays producteurs de pétrole nous le demandent. C’est un nouveau modèle économique qu’il nous revient de définir.
   
Source : Lefigaro.fr – Guillaume Tabard – Le 27 août 2008