Incendie à Aulnay-sous-Bois : « Témoignage d’une mère de famille de retour à son domicile »

de | 2011-04-22

Incendie à Aulnay-sous-Bois : Aulnay-sous-Bois, 12 rue des Aulnes, hier. Cinq jours après l’incendie de leur immeuble, les habitants ont enfin pu rentrer chez eux.

« J’appréhende de rentrer,
de ne plus être en sécurité »

Une mère de famille de retour dans sa tour cinq jours après l’incendie des parties communes

Une femme évacuée sur un brancard, en larmes, une autre qui hésite durant une demi-heure avant de franchir les portes d’entrée et des visages tirés par la fatigue et l’inquiétude. Hier matin, les habitants du 12, rue des Aulnes à Aulnay ont pu rentrer chez eux, cinq jours après l’incendie qui a touché les parties communes de cette tour de 85 logements.

Un retour très encadré par les services de la ville, les équipes de la Croix-Rouge et le syndic de l’immeuble : « C’est un moment difficile pour eux. Les ascenseurs sont en panne. Dans la cage d’escalier, les murs sont noirs. Dans certains appartements, les pompiers ont dû casser les fenêtres », explique Guy Challier, adjoint au maire PS.
Depuis lundi, les agents municipaux et plusieurs entreprises se sont activés pour débarrasser les parties communes, les nettoyer, remplacer les portes détruites… Mais cela n’a pas suffi à effacer le traumatisme. « J’appréhende de rentrer, de ne plus être en sécurité. On a déjà connu des incendies, mais jamais comme celui-là », confie une mère de famille, qui avait dû fuir par la grande échelle.

Plusieurs plaintes déposées

Parmi les habitants, personne ne semble croire à un feu accidentel. Les flammes ont démarré à l’endroit où étaient entreposés des encombrants. « S’ils avaient été débarrassés en temps et en heure, ça ne serait jamais arrivé », assure José Manetta, qui annonce avoir, avec d’autres copropriétaires, déposé plainte contre l’administrateur judiciaire en charge de la résidence, l’accusant de non-assistance à personne en danger. Ce dernier refuse de porter le chapeau et insiste sur la situation difficile de cette copropriété privée, qui fait l’objet d’un plan de sauvegarde depuis 2007 (lire ci-dessous). « Je suis convaincu que nous faisons face à un incendie volontaire, comme nous en subissons presque tous les ans dans cette résidence », indique Me Philippe Blériot, qui a lui aussi déposé plainte contre X auprès de la procureure de Bobigny. Il évoque les « conditions d’insécurité » qui règnent selon lui dans le quartier.
Pour les habitants, les préoccupations hier étaient d’abord matérielles : « Combien de temps faudra-t-il attendre pour avoir l’ascenseur? » Probablement plusieurs semaines, le temps de remplacer les pièces endommagées par la chaleur de l’incendie.

Source : Le Parisien – GB – Le 21 avril 2011