« Grenelle » : Union nationale derrière Borloo

de | 2008-10-22

« Grenelle » : Union nationale derrière Borloo - image hamiltonrea on http://www.billelouadah.fr

Le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo, répond aux questions des journalistes à l’issue du vote, mardi, à l’Assemblée nationale (Crédits photo : Hamilton/REA)
   
Les députés du groupe socialiste ont voté, mardi, le texte présenté par le ministre de l’Écologie.

   
«Historique !» : Jean-Louis Borloo ne cachait pas sa joie, mardi. Pour la première fois de la législature, les députés socialistes ont voté à la quasi-unanimité (moins trois abstentions)
le projet de loi relatif au «Grenelle de l’environnement». Ce consensus de première lecture entre les groupes UMP, Nouveau Centre et socialiste, rejoints par le Vert François de Rugy, a permis à ce projet phare du ministre de l’Écologie d’être adopté avec un score sans précédent : 526 voix pour, et seulement 4 contre, celles d’élus communistes, dont Maxime Gremetz et André Gerin. Dix-sept élus communistes et Verts, dont Noël Mamère, ont préféré l’abstention, au motif que cette loi «pleine de lyrisme n’est pas assez normative», a expliqué l’écologiste Yves Cochet.

   
«Premier étage de la fusée»

Pour justifier cette attitude «novatrice», Jean-Marc Ayrault, le patron des députés PS, a expliqué que 150 amendements socialistes avaient été adoptés durant les débats, et que ce vote constituait «un signal fort de notre engagement en faveur du plan climat européen». «Nous disons “chiche” au gouvernement et nous prenons date, car entre les intentions affichées et la réalité budgétaire, il y a un fossé considérable», a mis en garde le député maire de Nantes. La consigne de vote des socialistes, connue en fin de matinée, a été applaudie par les députés UMP lors de leur réunion de groupe interne, à laquelle participait Jean-Louis Borloo, qui s’est dit «ému» que «la magie du “Grenelle”» ait opéré. «Ne boudons pas notre plaisir. Le vote des socialistes est une très bonne nouvelle», s’est aussi félicité Jean-François Copé.

Loin d’être «magique», ce changement de cap dans la stratégie socialiste n’est pas gratuit. En interne, certains députés PS ont jugé illisible que le groupe s’abstienne sur la création du revenu de solidarité active (RSA), qui faisait partie du programme électoral de Ségolène Royal, même si son mode de financement peut prêter à contestation. Obnubilés par la préparation du congrès de Reims, les députés PS ont également eu beaucoup de mal à justifier leur abstention sur le plan de sauvetage des banques présenté la semaine dernière en urgence par le gouvernement. Manuel Valls avait alors critiqué la position du groupe socialiste, regrettant qu’«il manque des hommes d’État aujourd’hui au PS». Mardi, le député PS de l’Essonne a jugé «évidemment positif» le vote du «Grenelle» par les socialistes.

Mais cet unanimisme de façade ne cachait pas une certaine gêne. Pour le PS, il ne s’agit que d’un «vote ponctuel» visant à favoriser le plan climat européen, mais qui ne remet pas en cause l’opposition à la politique du gouvernement. En outre, il ne s’agit que du «premier étage de la fusée», précisait François Brottes : les socialistes seront très «vigilants» sur les mesures de financement prévues dans le projet de budget 2009, ainsi que sur le contenu du projet de «Grenelle 2», qui sera transmis la semaine prochaine au Conseil d’État.

Source : Le Figaro – Sophie Huet – Le 22 octobre 2008