Grenelle de l’environnement : un investissement de 440 milliards

de | 2008-11-11

Grenelle de l'environnement : un investissement de 440 milliards - image lefigaro_2 on http://www.billelouadah.fr Dans les transports, avec notamment le doublement du réseau TGV, les investissements devraient atteindre 97 milliards d’euros. Crédits photo : Le Figaro
 
  La mise en œuvre du projet de loi générerait 535 000 emplois d’ici à 2020.

C’est une première. Parallèlement au projet de loi Grenelle 1 adopté à la quasi-unanimité par les députés, le ministère de l’Écologie vient de publier une étude d’impact des 268 mesures inscrites dans le texte. Le montant est imposant : il représente 440 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2020.

Une somme rondelette dont un cinquième environ sera à la charge de l’État. « L’un des éléments essentiels des mesures Grenelle, c’est leur effet de levier. Quand l’État mettra un euro, il y en aura environ 4 dépensés par les collectivités territoriales, les ménages, le secteur privé… », explique-t-on dans l’entourage de Jean-Louis Borloo. À titre d’exemple, sur les 12 milliards programmés pour les transports en commun en site propre les onze prochaines années, l’État apportera 2,5 milliards. Le reste sera à la charge des collectivités. Cette croissance verte constamment vantée par le président de la République devrait également conduire à la création de 535 000 emplois.
    

Énergies renouvelables

   
Le plus gros pourvoyeur sera le bâtiment. La loi fixe un objectif de réduction d’au moins 38 % de la consommation d’énergie dans les bâtiments existants. Le coût de cette rénovation thermique est évalué à 192 milliards d’euros et le nombre d’emplois créés à 235 000. Ces mesures « doivent permettre d’éviter douze millions de tonnes d’émissions de CO2 par an à l’horizon 2013, soit une baisse d’environ 10 % par rapport à aujourd’hui », peut-on lire dans le document. Elles doivent se traduire en outre par de conséquentes économies d’énergie, notamment pour les ménages. « Avec un prix du baril de pétrole de l’ordre de 55 euros, les économies associées sont d’environ 43 milliards d’euros. À 100 euros, elles seront de 61 milliards », précise encore le texte.

Les deux autres gros secteurs concernés sont les énergies renouvelables (115 milliards d’euros et 220 000 emplois) et le transport (97 milliards d’euros et 80 000 emplois). Dans ce domaine, outre les réductions des émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement escompte également d’importants bénéfices en matière d’insécurité, d’embouteillage et de pollution locale. « Il s’agit d’un investissement structurant de long terme », rappelle le document « avec une durée de vie de vingt-cinq à cinquante ans ».


   La loi institutionnalise un comité de suivi des engagements du « Grenelle ». Aux cinq collèges présents depuis le début (ONG, entreprises, syndicats, élus et administration) vont s’ajouter les associations familiales et celles de consommateurs. Les réunions de suivi doivent se tenir environ tous les mois.
 

Source : Le Figaro – Marielle Court – Le 11 novembre 2008