Face à Sarkozy, Dominique de Villepin a-t-il un boulevard au centre droit?

de | 2009-12-27

Face à Sarkozy, Dominique de Villepin a-t-il un boulevard au centre droit? - image  on http://www.billelouadah.fr 
Le début de l’année 2010 commencera tambour battant pour Dominique de Villepin. Alors que le verdict de l’affaire Clearstream est attendu le 28 janvier, l’ancien Premier ministre structure son club politique et pense déjà à 2012…

La création d'un pôle gaulliste et républicain
  
Ces derniers mois, Dominique de Villepin a sillonné la France en se déplaçant notamment en Bourgogne, en Aquitaine ou bien encore dans le Midi afin d’aller à la rencontre des Français.  De ce vaste tour de France, il a  tiré quelques précieux  enseignements. Il est désormais conscient que l’hostilité à l’égard du gouvernement ne cesse de croître et que les régionales risquent de se transformer en véritable marasme pour l’UMP. Pendant ce temps là, sa côte de popularité ne cesse de croître. Le dernier sondage IFOP le crédite d’ailleurs de 8% d’opinions favorables dont 15% en Ile-de-France en cas de 1er tour des présidentielles.

Dès lors, Dominique de Villepin se prend à rêver et ne cache plus son envie de se présenter. Alors que ses soutiens sont de plus en plus nombreux, l’ancien hôte de Matignon n’entend pas fonder un groupe parlementaire. Pourtant son club politique rassemble aujourd’hui près de 7000 membres dont près de 30 députés, les derniers ralliements en date étant ceux de Jean Ueberschlag et de Marie-Anne Montchamp.

Comme l’a bien résumé Denis Bonzy, ce socle de 8% le dispense de l’appui d’un parti. L’ambition de Dominique de Villepin est de favoriser un mouvement populaire horizontal plutôt que la structure pyramidale des partis traditionnels. Ce « pôle gaulliste, républicain et social » qu’il appelle de ses vœux entend peu à peu prendre forme autour de son club politique. Au cours du mois de janvier, des antennes départementales verront d’ailleurs le jour un peu partout en France.

La bataille du centre droit

Dominique de Villepin sait  qu’il faudra jouer des coudes pour se tailler une place au sein de l’échiquier politique en 2012. A l’instar de Jacques Chirac en 1995, son salut passe par le centre droit. Alors qu’il y a un an cette probabilité semblait impossible, la donne est aujourd’hui tout autre. François Bayrou a commis une erreur stratégique monumentale en orientant le Modem à gauche. Il ainsi involontairement livré un boulevard à un Dominique de Villepin qui n’en demandait pas tant. C’est donc tout naturellement que les villepinistes n’ont pas répondu à l’appel au rassemblement de François Bayrou.

Mais Nicolas Sarkozy n’ignore pas la menace. Le chef de l’Etat sait désormais que le procès Clearstream est perdu, Dominique de Villepin en a remporté la victoire médiatique. Le verdict n’en changera pas l’issue.  Si l’ancien Premier ministre est condamné, il fera appel et cela ne fera que renforcer davantage son statut de martyr. S’il est blanchi, la défaite ne sera que plus cinglante.

L’arme qu’entend employer Nicolas Sarkozy pour faire face à Dominique de Villepin, c’est tout simplement le Nouveau Centre. Le chef de l’Etat souhaite en faire bien plus qu’un appendice de l’UMP, l’opération de récupération du sigle UDF va dans ce sens et lui donnerait une certaine légitimité historique.

Dernièrement Hervé Morin n’a ainsi pas hésité à déclarer qu’il n’excluait pas qu’un candidat du Nouveau Centre se présente en 2012. Ceci afin de fragmenter un peu plus l’électorat de Dominique de Villepin. Maintenant Hervé Morin paraitra t-il crédible en alternative à Nicolas Sarkozy ? Rien n’est moins sûr…
  
Source : Le Post – Le 27 décembre 2009