Epinay-sur-Seine : Ils vont vivre dans une maison Borloo

de | 2008-09-16

Epinay-sur-Seine : Ils vont vivre dans une maison Borloo - image leparisien160908 on http://www.billelouadah.fr Epinay-Sur-Seine, 101, route de Saint-Leu, hier matin. 
Cela faisait dix ans que Jacques Gambinotti et sa famille cherchaient à acheter un bien immobilier.
Grâce à la loi Borloo, ils ont pu bénéficier d’une maison à «100000 euros»
(LP/E.B.)
 

Jacques et sa famille emménagent jeudi dans une des vingt-huit maisons à «100000 €». Visite en avant-première.

Ici, c’est la salle à manger, là, la cuisine. Des trois chambres, ma fille, Coralie, a choisi la plus grande. Dans cet espace libre, on installera probablement l’ordinateur. Et je vais vite mettre des fleurs aux fenêtres. » Jacques Gambinotti n’habite pas encore au 101, route de Saint-Leu. Et pour cause, l’inauguration de sa maison a lieu ce matin et la remise des clés, jeudi.
Mais il a suivi le chantier de si près qu’il la connaît déjà par coeur.
« Je suis venu la voir tous les dimanches avec ma femme et ma fille, raconte ce père de famille de 51 ans. On a même fait un album de photos. Jeudi, à 14 heures, notre coeur va battre très fort. Cela fait dix ans qu’on cherche à acheter sur Epinay, mais on a fini par se dire qu’on ne serait jamais propriétaires en région parisienne. Pourtant, nous sommes tous les deux salariés et nous avons un petit apport d’argent. »

« On a eu une chance inouïe »

Et puis le bonheur, c’est parfois simple comme un coup de fil. Jacques a laissé un message sur le répondeur du maire, Hervé Chevreau (MoDem), et il a été retenu in extremis parmi les 600 candidatures parvenues en mairie. Le couple Gambinotti, lui responsable d’entrepôt, elle employée en crèche, répondait à tous les critères : locataires à Epinay rue de Paris, depuis vingt ans , salaires moyens, appartement en HLM, un enfant…
«On a eu une chance inouïe », sourit-il. Mais derniers arrivés, derniers servis. Dans ce petit lotissement qui tourne en escargot autour d’une nouvelle rue bordée de réverbères et bientôt d’arbres, sa maison paraît la moins bien placée. Elle donne sur la route et se trouve en bout de rangée. « Et c’est la seule qui ne fasse pas tout à fait 85 m 2 , car elle est de biais, précise Louis Téqui, l’architecte du programme immobilier, à Jacques Gambinotti. Mais du coup, votre jardin fait plus que les 50 m 2 habituels et vous serez le seul à avoir une terrasse. »
Pendant la visite, l’architecte montre au propriétaire un petit placard sous l’escalier : « Cette finition n’était pas prévue, comme beaucoup, précise Louis Téqui. Les entreprises en ont fait plus qu’on leur demandait. La fin du chantier s’est faite à l’affectif. C’est une expérience unique pour tous ceux qui travaillent dessus et nous savons tous qu’on nous regarde de près. Cela nous a poussés à être attentifs, rationnels et inventifs. »

Le dispositif Borloo lancé il y a trois ans par l’ex-ministre de la Cohésion sociale n’a pas eu le succès espéré. Le programme est trop difficile à tenir financièrement, surtout en Ile-de-France car le foncier coûte trop cher. Un autre dispositif, initié par Christine Boutin, est d’ailleurs venu le remplacer, avec un investissement journalier de 15 € pour les propriétaires.
Le maire d’Epinay, Hervé Chevreau (MoDem), reconnaît qu’« un tel projet est complexe à monter ». D’ailleurs, le coût de la maison qui bénéficie d’une prime Anru de 10 000 € est monté à 119 961 €. « La voirie, qui n’est pas en copropriété, a fait monter le prix », assure l’architecte Louis Téqui. « Si tout le monde joue le jeu, on peut arriver à un beau résultat, insiste le maire. Il y a une énorme demande.
Nous avons reçu 600 candidatures, la moitié émanant de familles d’Epinay. Faute de place, je ne peux plus faire que du logement collectif. Mais si j’avais un grand terrain disponible, j’aurais fait d’autres maisons. » A titre de comparaison, un appartement neuf comparable de 85 m 2 était proposé récemment en ville par un promoteur immobilier au prix de 280 000 €.

Source : Le Parisien – Eric Bureau – Le 16 septembre 2008