Elysée : « La Garden-party, c’est fini »

de | 2010-06-24

ÉLYSÉE.C’est au nom des économies en temps de crise et de l'« exemplarité » du pouvoir que Nicolas Sarkozy a décidé de supprimer, désormais, la traditionnelle garden-party du 14 juillet. Une décision regrettée par beaucoup.

A l’origine de la suppression de la garden-party, il y a un coup de savon. En tout cas un sérieux rappel à  l’ordre. Celui que Nicolas Sarkozy a effectué hier au Conseil des ministresElysée : .

En ces temps de disette budgétaire, il n’y a qu’un seul maître mot : « l’exemplarité ». « Je veux une gestion rigoureuse dans les cabinets ministériels. Je vous appelle à la vigilance ! » a tonné le chef de l’Etat, à qui les couvertures de journaux sur le train de vie des ministres n’ont pas échappé.L’avalanche de petits scandales au gouvernement a fait des dégâts:Christian Blanc (Grand Paris) et ses cigares payés sur fonds publics, Alain Joyandet (Coopération) et le permis de construire de sa maison, Rama Yade (Sports) et son hôtel plus cher que celui des Bleus en Afrique du Sud, sans compter la mission chèrement rémunérée confiée à Christine Boutin. A quoi s’ajoute l’affaire Bettencourt, épée de Damoclès pour Eric Woerth (Travail),néanmoins salué hier par Sarkozy pour son « travail remarquable ». Bref, de quoi faire le miel du FN, au moment où les Français sont priés de se serrer la ceinture et de travailler plus longtemps avant la retraite.

En privé, Sarkozy évoque d’ailleurs souvent le sort réservé par le peuple à Louis XVI et Marie-Antoinette…

Un coût difficile à justifier
Le chef de l’Etat donnera lui-même l’exemple : la garden-party qui devait être organisée le 14 juillet dans le parc de l’Elysée sera annulée ! Une décision hautement symbolique (qui ne devrait être officialisée que la semaine prochaine),mais pas surprenante dans la mesure où l’Elysée avait renoncé à organiser un grand concert populaire le 14 juillet à Paris cette année en raison de la crise (celui de l’an passé avait coûté 3,10 M€).

Et ce n’est pas tout ! Selon nos informations, la suppression de la garden présidentielle serait définitive, signant la fin d’une tradition instituée par Valéry Giscard d’Estaing en 1978. Son coût devenait difficile à justifier : 732 826 € pour 7 500 invités l’an passé, selon le député PS René Dosière. « C’est un petit pas bienvenu, salue Dosière. C’était devenu un événement mondain où le Tout-Paris se précipitait. Mais il faut d’autres mesures. »

Les garden-partys de certains ministères pourraient aussi être sacrifiées : l’Intérieur n’a encore envoyé aucun carton dans l’attente des consignes de l’Elysée. Mais la Défense maintiendra la sienne (lire notre encadré). Sarkozy n’en restera pas là.Un train de mesures devrait être annoncé, vraisemblablement la semaine prochaine, pour serrer la vis à l’ensemble du gouvernement.Dans les coulisses des ministères, les propositions fusent : contrôle plus strict des factures des ministres pour supprimer les dépenses de confort, attribution de logements de fonction aux seuls ministres de plein exercice.

Certains rappellent la promesse de Sarkozy avant son élection de limiter à quinze le nombre de ministres de plein exercice. On en est loin : vingt actuellement, sur un gouvernement de quarante membres. « S’il y en avait moins, il y aurait moins de membres de cabinets», relève René Dosière, qui traque les abus des ministres et élus.

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Source : Le Parisien – Nathalie Schuck
– Le 24 juin 2010